Il a fallu quelques jours de pluie et de crachin, juste quelques jours pour que de nouveau les failles des travaux mal faits soient mises à nu, pour que de suite les nids de poule qui se transforment en nid d’autruches se révèlent ai grand jour. On se souvient des embouteillages monstres causés par les réfections des routes ordonnées par le Président qui avait découvert l’état des routes de la capitale.

On se souvient de cet empressement à arranger les routes de la capitale, à faire travailler les gens jours et nuits parce que Ban Ki Moon et sa femme allaient venir. On s’en souvient comme si c’était hier mais déjà à ce moment-là vu l’épaisseur ! du goudron on savait que ça n’allait pas tenir longtemps. Et voilà, premiers crachins d’hiver et pas encore les grosses pluies d’été, des portions de cette route, non pas du pape mais du président et de Ban Ki Moon sont déjà cassées et les éternelles adultes ou parfois enfants qui versent dessus des morceaux de briques, des monticules de terre et qui par la suite montrent leur chapeau pour avoir quelques sous dans la mesure où ils parent aux défaillances de l’Etat refont surface. Comme le président aime les preuves, il lui suffit de sillonner la nuit ce que l’on appelle la route circulaire pour constater de visu cet état des choses. Ces solutions tip top, tape à l’œil ont la préférence de l’actuel régime. Tape à l’œil pour cacher les défaillances, tape à l’œil pour cacher les failles, tape à l’œil pour cacher l’incompétence. Aujourd’hui le pari du régime est de finir les infrastructures pour le sommet de la francophonie. Une partie de la route reliant Ivato à Soavimasoandro est prête sinon quasi prête.

Heureusement finalement qu’il y a la francophonie car autrement les choses restent à l’état de promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. Lorsque les zélés du régime insistent sur cette réalisation relative à ce tronçon de route beaucoup répondent que s’il faut donc la francophonie pour que les routes soient refaites ou qu’il faut Ban Ki Moon pour que les routes soient refaites, se mettent à dire qu’il serait bon que des activités liées à la francophonie aient lieu entre Ambilobe-Daraina ; entre Fort-Dauphin-Ihosy et d’autres endroit pour que les infrastructures routières soient arrangées. Ou alors, pour la Capitale il suffit qu’un tenant du pouvoir habite dans le coin pour que les routes soient refaites. Les habitants d’Andohan’i Mandroseza doivent remercier la présence dans le coin d’un Honoré Rakotomanana car aujourd’hui cette route qui était la preuve même de l’inertie du pouvoir a finalement fait l’objet de réfection, certainement en partie parce que le président du Sénat habite dans le coin. Et contrairement à la manière dont les routes à la Ban Ki Moon et au président ont été faites, celle d’Andohan’i Mandroseza a priori devrait résister aux intempéries mais certainement pas à l’incivisme de la population qui jette ses détritus dans les canaux d’évacuation. Dans tous les cas, les routes sont la preuve même des failles du régime : prendre l’initiative d’arranger les routes non pas dans l’intérêt général mais dans l’intérêt d’un particulier et faire les choses de manière expéditive juste pour faire du tape à l’œil mais rarement faire les choses de manière pérenne… sauf route de la francophonie quand tu nous tiens ! On finira par vouloir le sommet de la francophonie dans toutes les communes de Madagascar, dans tous les fokontany de Madagascar…à ce rythme-là les routes, toutes les routes seront toutes refaites même celles d’Ambano dans le Vakinankaratra pourtant promises à la réfection lors des propagandes du Président.

Anaïs T.