Propos de la députée Mapar de Mahajanga, Rahantanirina Lalao, dite Nina, d’un air las et désabusé : « Je suis fatiguée par ce régime… Il n’en fait qu’à sa tête et dérive petit à petit vers la dictature. Ici à Antananarivo, nous députés, nous sommes restés inactifs pendant deux mois. Et soudain à la fin de la session, on nous balance beaucoup de textes importants dont l’examen demande pourtant du temps ».

Ce qui a provoqué la lassitude de Nina, c’est le texte sur le Code de la Communication dont plusieurs aspects ont un caractère dictatorial, par exemple, les sanctions sévères infligées aux journalistes convaincus de « diffamation ». Dénonçant les combines du régime désireux de faire passer ce projet à tout prix, la députée de Mahajanga assène la vérité suivante : « Ce texte aurait normalement dû être avancé à l’Assemblée nationale d’abord, puis au Sénat ensuite ». On estime que le projet sur le Code de la Communication sera repoussé par le palais de Tsimbazaza, entre autres, car beaucoup de députés sont très remontés à cause de la procédure qui accorde la primauté au Sénat, et non à l’Assemblée nationale.

Rahantanirina Lalao, dite Nina, est bien connue des résidents de la cité des 67 Ha, car dans les années 90 et 2000, elle a géré dans ce quartier un cabaret. S’étant ensuite installée à Mahajanga, elle compta parmi les chauds partisans d’Andry Rajoelina et reçut l’investiture du Mapar aux législatives de 2013. Son premier exploit après son élection: au début de 2014, elle a défait dans la course à la vice-présidence de l’Assemblée pour Mahajanga le député Rémi dit Jao Jean, lequel totalise pourtant trois mandats comme député d’Antsohihy.

Grande gueule, dotée d’un franc-parler dévastateur, elle dénonce sans complexe les travers de l’Assemblée nationale, comme l’usage des pots de vin juteux lors des votes importants. Pour cette raison, Rahantanirina Lalao est souvent sollicitée par les journalistes qui veulent percer les micmacs du palais de Tsimbazaza…

  1. R.