Les énergies renouvelables sont en plein essor au niveau mondial. Mais une fois de plus, Madagascar est à la traîne alors qu’il dispose d’immenses potentiels, si l’on ne doit citer que l’hydroélectricité estimée à 7 800 MW, l’énergie solaire, l’énergie éolienne dont le plus important gisement se situe dans le Grand Sud et dans le Nord du pays… Pire, le pays voit la production hydroélectrique régresser. Elle se situe maintenant à environ 60% de la production totale d’électricité de la Jirama si le taux a été de 70% dans les années 90 et 2000. Au niveau mondial pourtant, les analystes parlent maintenant de l’atteinte d’un point de bascule concernant les énergies renouvelables. En effet, si la part de ces énergies propres demeure encore faible (environ 3% de la production totale mondiale), le secteur enregistre une forte croissance. Ainsi, toute l’augmentation de la production mondiale d’électricité en 2015 et plus d’un tiers (38%) de la hausse de la consommation d’énergie mondiale sont à mettre sur le compte des énergies renouvelables. Particulièrement pour l’énergie éolienne, la capacité de production a affiché une croissance de 17% si l’énergie fournie par cette source a augmenté d’environ 33%.
Actuellement, la Chine est le plus grand producteur d’énergie solaire au monde, devant l’Allemagne et les Etats-Unis. En mai dernier, le Portugal a fonctionné uniquement avec de l’énergie solaire pendant 4 jours d’affilée. Et toujours au mois de mai, cette énergie a assuré 50% de l’électricité de la Grande-Bretagne, soit plus que le charbon. Malgré tout, le pétrole a encore de l’avenir devant lui. Ce qui n’empêche pas les énergies renouvelables d’afficher un bel essor. De quoi inciter des pays comme Madagascar à adapter et à s’approprier de technologies déjà développées ailleurs, notamment dans des pays du Sud comme l’Inde, la Chine… De plus, si les énergies renouvelables se développent à ce rythme, les technologies y afférentes devraient afficher des coûts plus compétitifs. Seulement, le pays semble hésiter quant à la promotion des énergies renouvelables. La situation toujours critique de la Jirama l’atteste. Parmi les problèmes de cette société nationale d’électricité et d’eau, l’on peut citer les importantes pertes occasionnées par les centrales thermiques et qui fonctionnent donc au gasoil. Signalons toutefois que quelques projets d’énergies renouvelables sont à la recherche d’investisseurs. Les appels à manifestation d’intérêt ont été lancés récemment.
Mais s’ils aboutissent jusqu’à la phase d’opérationnalisation, ces projets vont demander plusieurs années pour être opérationnels. Comme quoi, le pays tarde toujours à enclencher la vitesse supérieure, sans parler du climat des affaires qui ne s’améliore guère et n’est donc pas incitatif pour l’investissement privé.
Fanjanarivo