Le financement prêté par une banque locale pour la société immobilière d’Etat, Seimad et destiné à la construction de logements à Ampefiloha, aurait été détourné pour la construction du village de la francophonie à Andohatapenaka. L’information émane de sources qui connaissent le dossier. Ainsi, des clients qui ont déjà versé des acomptes pour le projet immobilier d’Ampefiloha sont tout simplement laissés en rade ! Ils sont lésés au profit du village de la francophonie. En effet, les travaux ne sont pas près d’être bouclés du côté d’Ampefiloha. Notons que depuis la transition, la crédibilité de la Seimad a gagné en points et les clients lui refont confiance. Seulement, les agissements des dirigeants pourraient rogner sérieusement cette confiance. Les logements construits à Andohatapenaka trouveront des riches acquéreurs car il est sûr que les logements vont s’y vendre à coup de milliards. Mais qu’en est-il des clients à la bourse moins garnie et qui ont déjà payé pour le projet d’Ampefiloha ? La règle n’est-elle pas de servir les premiers venus ? Mais l’Etat a d’autres priorités, c'est-à-dire l’organisation du sommet de la francophonie en novembre prochain. Cette rencontre internationale est censée doper l’économie. Soit.
Il faut seulement souligner que l’Etat se trompe lourdement de priorités en matière de dépenses publiques. Le sommet aura sûrement des impacts économiques, mais ceux-ci vont-ils résoudre des problèmes tels le chômage déguisé qui affecte plus de 80% de la population active dont les jeunes, l’insécurité alimentaire voire la famine qui frappe le Sud, l’insécurité qui monte partout et accompagnée de crimes tels le vol de bovidés, les viols, les rapts… ? Autrement dit, le sommet de la francophonie profitera seulement à une petite frange d’opérateurs économiques et à quelques jeunes qui assureront temporairement des activités comme l’accueil, la sécurité, etc. Des emplois, il y en aura donc mais ils ne seront que temporaires. Ce qui signifie qu’ils ne résolveront pas la quasi-totalité du chômage déguisé qui frappe les jeunes. Ce type de chômage se décline en sous-emploi et en emploi inadéquat, lesquels ne fournissent pas des rémunérations décentes. Autrement dit, la grande majorité des emplois ne permet pas aux actifs de vivre décemment et donc d’avoir accès aux droits fondamentaux de l’homme.
Parmi ces droits, on peut citer l’accès au logement décent. Mais quand des gens ont le moyen de s’acheter un tel logement, l’Etat ne s’en préoccupe pas tellement. Le cas du projet immobilier d’Ampefiloha en est une preuve. Il en est de même du douloureux et très coûteux parcours du combattant pour immatriculer un terrain. Or, plus de 70% des Malagasy vivent dans des bidonvilles selon les données de l’UN Habitat. Comme d’aucuns le savent, il s’agit de logement précaire, insalubre, étriqué, dénué de toute infrastructure d’assainissement… Ce problème en génère d’autres sur la santé, l’environnement, l’économie, etc.
Fanjanarivo