Madagascar a non pas un FBI mais plusieurs FBI qui sont les « fausses bonnes idées » des dirigeants et plus particulièrement du pouvoir en place.

De plus en plus le pouvoir nous serine des idées tellement farfelues que l’on n’arrive pas à comprendre comment des personnes censées être « sensées » puissent les trouver extraordinaires. Une de ces idées farfelues est d’avoir offert des tablettes aux enseignants dans les écoles primaires publiques du pays. Ces instituteurs qui soulèvent chaque jour des montagnes pour enseigner, pour faire correctement leur travail sans ouvrages pédagogiques, parfois avec des ouvrages qui datent du siècle dernier et qui ne sont plus à jour du programme adopté par le Ministère, qui achètent eux-mêmes avec leur salaire de misère ces ouvrages. Ces instituteurs qui n’ont même pas la possibilité de faire des photocopies de documents pour leurs élèves, qui n’ont même pas la possibilité de faire des impressions de documents pour des nécessités pédagogiques. Mieux que cela, ces instituteurs dont beaucoup travaillent dans des zones tellement enclavées que le mot « connexion » est inconnue du vocabulaire…mais l’idée géniale du régime est de les gratifier de « tablettes », au moins ils ou leurs enfants pourront faire des jeux sur les tablettes si tant est qu’il y ait des jeux sur ces tablettes et ils ou leurs enfants pourront utiliser les tablettes pour faire des photos. Une chose est certaine, le pouvoir qui a eu cette idée géniale semble ignorer les besoins primaires d’un enseignant d’une école primaire publique, le pouvoir semble ignorer les besoins primaires des élèves qui se trouvent également dans les zones enclavées du pays. C’est un peu, comme dirait quelqu’un, un enfant à la maison qui réclame des cahiers, des livres et des cartables pour travailler et on lui offre à la place des jouets et des friandises. Les tablettes ne sont pas les seules fausses bonnes idées du régime, il y en a tellement que si on dresse la liste au moins Madagascar sera classé premier quelque part dans le guiness des records. La toute dernière est l’économie réalisée soi disant depuis que le ministère des finances ne délivre plus au sein des ministères de tutelle les fiches de paie des fonctionnaires : économie de papier ! Extraordinaire idée qui plus est ça correspond au souci de protection de l’environnement, les « écolo » doivent être contents ! Sauf que dans les standards des pays occidentaux sur lesquels il est évident que le ministère a pris exemple, il y a une alternative à la version dure dans le cadre de la dématérialisation. Les gens reçoivent leurs factures, leurs documents via internet et pourront toujours avoir avec eux une version papier de leurs factures et fiches de paie. Là pour l’heure, les fonctionnaires naviguent à vue. Comme toujours cette histoire n’a pas été accompagnée de minimum d’information à laquelle le public a droit. Si une administration ou un service quelconque demande à un fonctionnaire de présenter les 12 fiches de paie de l’année, aujourd’hui déjà ledit fonctionnaire se demande où il va chercher ça, qui les lui délivrera, quelle démarche devra-t-il faire. Lorsque les consulats étrangers pour délivrer un visa demanderont les trois dernières fiches de paie, le demandeur de visa devra surmonter un obstacle de plus comme si les divers obstacles ne suffisent pas. Ces FBI du régime démontrent que l’on veut s’aligner sur les standards des pays développés sans se poser la question ni de l’urgence, ni de l’opportunité et certainement pas des conséquences sur les usagers, éléments epsilon dans l’esprit des dirigeants.

Rakele Claude