A l’occasion de la célébration à Toamasina du 40ème anniversaire du parti dont il est le fondateur, devant des militants venus en masse pour l’accueillir, au Gymnase Soavita samedi dernier, l’amiral Ratsiraka a tenu à répondre aux souhaits de ces derniers quant à l’éventualité d’une candidature l’élection présidentielle de l’an 2018.
Toujours fidèle à lui-même, très prudent, habile tacticien et fin politique, brandissant le Livre Rouge de la Charte de la Révolution Sociale, il a plutôt préféré se lancer dans un discours rassembleur sur la priorité de la solidarité de tous les Malgaches. Attendu par la population du grand port de l’Est, le père de la Révolution Socialiste a traversé les grandes artères de la ville sous l’ovation des foules avant de débarquer au Gymnase couvert de Soavita.
Après un bain de foule spontané, que le service de sa sécurité rapprochée avait du mal à contenir, il s’est plié à la cérémonie de bienvenu des dirigeants actuels du parti, des autorités locales et des chefs coutumiers. Au premier rang des invités, on pouvait remarquer la présence des anciens Premiers ministre Mangalaza et Omer Beriziky. Aux orateurs qui souhaitaient le voir se lancer à la course présidentielle en 2018, l’ancien chef d’Etat avait clairement fait comprendre que la priorité pour lui sera d’abord de voir les enfants de la 1ère, de la 2ème et de la 3ème République, les députés et les sénateurs actuellement en fonction, faire preuve d’une solidarité civique militante, réaliste et constructive.
Une manière de laisser entendre que si le parti Arema propose, il dispose d’une marge de manœuvre qui va dans le sens de la reconnaissance de la valeur idéologique et de l’application des principales options de son Livre Rouge. Charge à la relève de se mettre à l’œuvre pour actualiser les objectifs visés, en vue d’une politique sociale et économique tenant réellement compte des aspirations légitimes des communautés de base. Et lui de citer les réalisations accomplies par le régime de Philibert Tsiranana et lors de ses mandats successifs. Il mentionne aussi les succès des envois massifs d’étudiants pour se former à l’extérieur et qui ont permis à cette multitude cadres compétents et crédibles de servir à l’heure actuelle dans les rouages des structures de l’Etat.
Histoire de faire un survol révélateur sur le calvaire actuel de l’aviation civile malgache et en réponse à ses détracteurs, ovationné par l’assistance, il n’a pas oublié également de préciser les avantages d’avoir choisi de doter Air Madagascar d’une flotte de Boeings à l’époque. Le recours à l’IST et au NOTAM n’a jamais fait partie des mœurs de son temps, quand on l’écoutait discourir sur le vandalisme des destructeurs des jets de l’aviation militaire…
Tout en confirmant avec vigueur qu’il n’a jamais mis en prison un ancien Premier ministre, sans vouloir jouer les donneurs de leçons, mais devant la menace de la loi scélérate sur la cybercriminalité, Didier Ratsiraka exhorte les journalistes à se conformer aux règles des preuves convaincantes dans la publication des informations recueillies. A titre d’exemple, il avait évoqué cette déplorable campagne médiatique sur l’ affaire de bois de rose saisis à Bangkok et de certaines rumeurs mettant en cause quelques personnes dont un proche parent du président Hery Rajaonarimampianina…
Pour conclure cette brillante prestation de ce samedi 18 juin 2016 d’un homme d’Etat fort de l’expérience d’une présence très active et militante à la tête de son pays, en tant Malgache il lance un Appel à tous pour sauver Madagascar. Conscient de la gravité de la situation de son pays à la même date, de Londres en 1944, le général de Gaulle a terminé son inoubliable message comme suit : « Voilà pourquoi je convie tous les Français où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance. Notre patrie est en péril de mort. Luttons pour la sauver. » De la part d’un Didier Ratsiraka, ce rappel historique ne vous dit rien ? Dommage… Parce que nous vivons tous actuellement une situation très, très préoccupante pour ne pas dire d’une gravité catastrophique.
N. Razafilahy