La faiblesse de la croissance, les problèmes de gouvernance et le manque d’investissements conséquents dans les secteurs sociaux ont entraîné une détérioration des conditions de vie de la population, avec un taux élevé de pauvreté et de fortes inégalités régionales. La stabilité macroéconomique reste donc fragile. Par ailleurs, la situation d’insécurité alimentaire demeure préoccupante. Dans ce contexte, le niveau de développement humain est resté faible. Avec un IDH de 0.510, le pays se classe au 154e rang du classement des Nations Unies. Parallèlement, la résilience du pays aux chocs extérieurs s’est affaiblie. Le taux de pauvreté en milieu urbain était en 2012 de 49 %, contre 71.5 % en moyenne nationale.
Concernant les autres paramètres de la pauvreté, 72 % des citadins vivent dans des bidonvilles, 61 % ont accès à l’eau potable, seulement 35 % à l’énergie domestique, 40 % aux transports en commun, et 62 % à des installations sanitaires améliorées et à des systèmes de gestion des déchets solides.
Plus, rapporte l’édition 2016 de Perspectives économiques en Afrique, la pollution de l’air est au-dessus de la norme avec 150 microgrammes de particules fines par mètre cube. Au niveau du sol et de l’eau, la pollution est également importante à cause des déchets industriels et ménagers. La pollution et les impacts probables du changement climatique sur les zones urbaines affectent fortement la population (inondations, éboulements, etc.) et les activités économiques dans les zones péri-urbaines, mais également rurales (tarissement des ressources, sécheresses à répétition, diminution des rendements). Par ailleurs, le taux de criminalité est passé de 1.39 infraction pour 1 000 habitants en 2011, année de crise politique et sociale, à 0.91 en 2013, année d’une certaine reprise économique. Malgré cette baisse relative, l’insécurité des biens et des personnes demeure une entrave au développement des villes, surtout dans les quartiers ou zones urbaines marginalisées.
De tout ce qui précède, la même source, indique, notamment, que le réseau urbain fonctionne actuellement sur un maillage urbain caractérisé par une discontinuité très marquée entre les villes. Les réseaux urbains régionaux s’organisent à partir des réseaux marchands du pays. Le maillage du territoire est dominé par la logique selon laquelle plusieurs cellules de producteurs des zones rurales interagissent avec les cellules de consommateurs des villes. Le lien entre villes et campagnes reflète le passage d’une économie
vivrière à une économie de marché, avec une intensification des échanges non seulement entre les villes, mais également entre les villes et l’arrière-pays. Le réseau urbain national de Madagascar se caractérise par l’esquisse d’une intégration des nouvelles technologies (téléphonie mobile, internet, etc.) et d’un renforcement des services (transports, multimodalité, etc.) dans le fonctionnement et l’organisation des agglomérations.
Et souligne-t-on, davantage, sur le plan institutionnel, la gestion urbaine implique trois entités, à savoir le ministère de la Décentralisation et de l’Intérieur, le ministère de l’Aménagement du territoire, et chaque Commune urbaine. Les villes malgaches disposent généralement d’un budget extrêmement limité, du fait de la faible attribution budgétaire de l’État et de leur difficulté à mobiliser des ressources financières locales, notamment fiscales. Seulement 5 % du budget national est affecté aux collectivités locales et aux administrations régionales, et plus des trois quarts du budget des villes sont constitués par leurs ressources propres : les redevances sur les opérations commerciales ; et les taxes indirectes à travers la fiscalité foncière ; et iii) les redevances sur les services publics. Si la concentration des entreprises et de leurs clients et le dynamisme des activités économiques sont à la base du poids économique des villes et contribuent à l’amélioration de leur fiscalité locale, elles sont loin d’être fiscalement et financièrement autonomes. Pour pallier cette carence de ressources, les villes déploient des efforts de mobilisation financière au niveau local à travers des partenariats public-privé et des coopérations décentralisées.
Recueillis par C.A