A Madagascar, le pullulement du secteur informel est à cheval et d'un, sur la recrudescence du taux de chômage et de deux, sur le développement du sous-emploi ;

deux phénomènes qui ont pris racine des « situations crisiques» des années 1970 et se sont amplifiés depuis celles de 2009 jusqu'à présent et ce malgré le retour semblant à l'ordre constitutionnel avec l'avènement du HVM (Parti présidentiel).

Au fait, de 2009 en 2013, en l’espace seulement de trois ans, 336 000 employés malgaches, majoritairement des zones franches,  ont perdu leurs emplois. En outre, avec la croissance démographique, de l'ordre de 3,6% depuis les années 1990, le nombre des jeunes à la recherche de leur premier boulot grossit le rang des chômeurs.

En effet, pour une question de vie ou de mort, bon nombre d’entre eux s'orientent sur le petit commerce tous azimuts, un secteur majoritairement marqué par l’informel, et recouvrant presque la totalité des activités économiques de la grande île. En 2014, à l'échelle nationale par exemple, selon l'enquête population ménage (EPM) de l'INSTAT, le taux des individus travaillant dans ce domaine a atteint les 80%.

A Antananarivo, ce secteur prend beaucoup plus d'ampleur. Il suffit d'arpenter, de jour ou de nuit, tous les coins et recoins de la rue, des quartiers, des marchés populaires, … de la capitale pour le constater.

 Par ailleurs, « le secteur informel, affirmait Maurice, un étudiant en sociologie interrogé sur cette question, fait désormais partie intégrante du quotidien des Malgaches et non moins des tananariviens ». Et il touche davantage, poursuit-il, les jeunes qui représentent la majorité de la population malgache et n’écarte même pas les diplômés, sortants des Universités publiques, des Instituts privés et des Grandes écoles. En outre, notre informateur pense que cette situation est née de la « mauvaise gouvernance des dirigeants, héritée de la seconde République...». Pour y remédier, il a proposé d'une part de changer de régime politique et de se débarrasser de tous nos politiciens voleurs, spécialistes es-baratins ; Et faire d'autre part de la production, en se basant sur la promotion des Made in Madagascar, une priorité absolue, seul gage de toute forme de création d’emplois.

Au demeurant, le foisonnement du secteur informel symbolise généralement un triolet de réalités diamétralement irrémissibles : indifférence des citoyens devant les lois, inaptitude ou lâcheté, c’est selon, des autorités à faire appliquer les lois en vigueur et l’extrême pauvreté qui explique fort malheureusement tout. Mais d'une façon ou d'une autre, il constitue à la fois, sur le plan humanitaire, un rempart des faibles dans un pays où la protection sociale est inexistante, un mur bétonné qui permet la subsistance des milliers des ménages et contribue également à la croissance de l’économie de Madagascar en terme de maintien ou d’équilibre du PIB.

Rivo Raphaël Chreçant