Les manipulateurs de n’importe quel pays savent tous que pour détourner l’attention de ceux qu’ils veulent mener en bateau ou abuser dans leurs basses manœuvres de tromperie,

il suffit d’aiguiller l’opinion sur un point focal choisi de manière à empêcher pratiquement la foule  de se concentrer sur ce qui mérite d’être considéré comme essentiel. Les révélations fracassantes sur telle ou telle personnalité de premier plan en politique (le sénateur Lilyson) et des grands noms du monde des affaires, pointés du doigt et accusés à tort de faire le jeu d’on ne sait quelle conjuration jamais prouvée, illustrent trop bien cette tendance à la dissimulation par la persécution pure et simple.

Hasard du calendrier ou simultanéité de circonstances calculée, les campagnes de démolition médiatique de ces derniers temps coïncident comme par hasard à des moments de prise de conscience collective de plusieurs secteurs de la société malagasy. Après les remous et les séquelles préoccupantes de motions de déchéance  et de censure d’une assemblée nationale turbulente, le remplacement tumultueux d’un chef de gouvernement par un ministre de l’Intérieur (au parcours tapageur à cause de son penchant pro-islamiste dans un contexte international perturbé par les attentats  djihadistes), les joutes institutionnelles sur des projets de lois très controversés parce qu’elles sont considérés comme scélérates n’incitent guère à la crédulité. Surtout que l’attentat à l’explosif de la journée du 26 juin 2016 reste et  demeure encore dans un flou artistique, on ne peut s’étonner de constater que quelque part des experts en la matière avaient embrayé à la vitesse supérieure la machine à lancer des sujets d’intoxication de masse. Le public a  d’abord eu droit à des moments de surprises en apprenant de la bouche du président de la république qu’en revendiquant des droits à la liberté prévus par la constitution, les corps concernés n’étaient que des jouets de politiciens atteints par le virus de la déstabilisation et de l’agitation permanente. Véhiculées par une certaine presse, les délations se suivent et ne se ressemblent pas pour condamner ce qui s’écarte du système de valeurs des dirigeants en place. Pour ne laisser subsister que les prétendus effets considérés comme pervers à leurs yeux blâmables concernant des revendications et des propositions pourtant légitimes des administrés.

Durant toute cette période intentionnellement polluée, c’est vogue la galère dans tous les domaines où interviennent les agissements et les compromissions de toutes les sortes dans les allées du pouvoir jusque dans des territoires hors frontières. Qui se souvient encore de ce dossier puant sur le trafic de bois de rose surpris par les autorités de Bangkok mettant en cause des personnalités du premier cercle de la Présidence de la République et aussi du gouvernement ? Qui s’intéressé encore aux méfaits de ces trafiquants d’or, de minerais précieux et de tortues qui violent jour après jour les législations sur les rapatriements des devoirs et avoirs acquis à l’extérieur ? Qui se soucie toujours des sorts réservés à ces suspects et autres acteurs des crimes de kidnapping et d’assassinat d’un enfant à Toamasina ? Autant de faits répréhensibles que des décideurs acquis à la cause de la voyoucratie ambiante empêchent de remonter à la surface… Sans compter les oublis volontaires délibérés sur des agissements actuels de quelques investisseurs étrangers qui faisant fi des obligations légales liées à leurs activités se livrent à des pillages en règles de nos ressources minières, pétrolières et naturelles en tirant le maximum de profits. En particulier l’exportation du chrome toujours entourée du cocon protecteur douteux de la loi du silence. Serait-ce pour laisser perdurer de telles réalités que les zélateurs et favoris de ce système de  gouvernement font croire à tous que des efforts et des mesures de corrections sont en cours pour gommer ces graves problèmes qui lèsent au plus haut point les intérêts supérieurs des habitants de cette île ? Le doute est permis sur ce point. Parce personne ne peut faire semblant d’ignorer qu’en haut-lieu dans l’entourage même de Hery Rajaonarimampianina, entre les gentils qui se soucient encore du bonheur de leurs compatriotes et les rapaces prédateurs, la guerre est maintenant déclarée. Feutrée peut-être, mais le conflit est très révélateur sur le rôle difficile d’un Chef d’Etat qui doit choisir entre le bien et mal. Il doit alors se conformer fidèlement à  ce credo affirmé en déclarant le  25 janvier 2014 en public : « Le Président de la République est l’ultime recours vers lequel vous êtes en droit de vous tourner. Et, pour cela, je serai un Président disponible et à l’écoute. (…) Il doit être fort pour relever le défi auquel nous sommes confrontés ; l’exigence aussi de respecter son engagement, car la confiance en la parole présidentielle est la base indispensable du renouveau de la Nation. »  Chiche !