Il était une fois une île heureuse. Un pays où il faisait bon vivre.  C’était il y a, à peine, quarante ans. Inutile de ressasser ici le bonheur, certes relatif, des Malgaches, mais au moins il vivait bien, sinon mieux. Des lecteurs vont encore dire de moi que j’utilise à fond le misérabilisme afin de provoquer, d’enfoncer les dirigeants sur place. En fait, que dire des dirigeants qui se sont succédé après la chute de Philibert Tsiranana. Aujourd’hui, il faut reconnaître, voire avouer, avant que les derniers survivants de ce « putsch » de mai 1972, ne disparaissent, les «œuvres » de Tsiranana.

A l’époque, on accusait, sans preuve,  le père de l’indépendance d’avoir pillé, détourné les richesses de la nation. Son tort, peut-être, était tout simplement d’avoir maintenu la langue de Voltaire, comme langue d’enseignement, comme langue officielle. Ce n’est pas, en tout cas, une raison suffisante pour déchoir, briser  un chef d’Etat. D’ailleurs, trois ans après, beaucoup de parents devaient regretter cette malgachisation à outrance dans la fonction publique, dans les écoles, lycées et universités (CUR).

De nos jours, août 2016, les conséquences de l’ « élimination prématurée » de l’ancien bouvier, devenu président de la République en 1958, ne sont toujours pas digérée par une frange importante de la population… Ainsi, celle-ci a mal accepté la sortie de Madagascar de la « zone franc » (CFA), la décision du pouvoir « révolutionnaire » (les guillemets sont de rigueur)  de s’écarter du monde francophone. C’était le début de la poisse ! L’Etat semble vouloir maintenant  se rattraper, en hébergeant le Sommet de la Francophonie à Antananarivo, au mois de novembre prochain.

    Citons ici les quelques réalisations de la Première République : la Route Digue, formation des enseignants en France, l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA), l’université d’Ankatso, les cités des 67 hectares, d’Ambodin’Isotry, d’Ampefiloha, de Mandroseza, la Banque centrale, initialement appelée Institut d’émission, l’Hôtel Hilton, aujourd’hui  devenu Carlton,  l’aéroport international d’Ivato, l’orangeraie de Morondava en coopération avec des Israéliens vite abandonnée et pour cause, etc. J’arrête la liste, car je risque de créer des jaloux…

   En effet, qui dit mieux ? Ce n’est surtout pas Hery Rajaonarimampianina !

Franck Raharison