Le « Fitampoha Menabe 2016 » sera célébré à Ampasy à Belo-sur-Tsiribihina du 11 au 20 août prochain. La princesse Georgette Kamamy, détentrice du pouvoir traditionnel légué par ses ancêtres et confirmé par l’élection du « fokonolona » rituel du Menabe pour garantir la tradition dynastique, rappelle : « Le patrimoine culturel immatériel comprend les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire qui, transmis de génération en génération, sont recréés en permanence par les communautés et les groupes et leur procurent un sentiment d’identité et de continuité contribuant à promouvoir la créativité humaine et le respect de la diversité culturelle ». Le «fitampoha » ou bain des reliques s’inscrit dans ce patrimoine. Au cours de cet événement, les Sakalava en général et ceux du Menabe en particulier manifestent leur unité culturelle autour de l’image symbolique du « zomba des dady » à Belo-sur-Tsiribihina. Ce « zomba » est le sanctuaire séculaire où sont gardées jalousement les reliques des anciens rois du Menabe. « Fitampoha » vient de la racine du mot « tampoka » ou bain quand on se réfère aux anciens rois. Le bain sert à préserver les reliques de l’usure du temps, laquelle pourrait ternir les vertus qu’on y accorde.
Quant au bain proprement dit, il consiste à tremper les reliques dans le fleuve Tsiribihy. Ce rite se fait dans une ambiance festive qui s’étale sur une semaine. L’objectif est d’attirer la bénédiction du « Zanahary » par l’intermédiaire des ancêtres royaux, considérés comme sources de joie et de prospérité. Il faut rappeler que sur le plan historique, le Menabe dirigé du temps des conquêtes coloniales par le roi Toera, a résisté farouchement à la domination étrangère. Les Sakalava font de même avec leurs traditions : ils ne laissent pas leurs rites s’effacer, ils les perpétuent à travers le temps. Notons que de nombreux lignages de chefs organisent des « fitampoha » afin de valoriser les rituels locaux. Mais jusqu’ici, le « fitampoha» du Menabe, le « fanompoana » du Boina et le « fandroana » de l’Imerina semblent être les rituels les plus connus des anciens royaumes malagasy. Particulièrement pour le « fitampoha », il tourne autour de deux éléments, le bain des reliques des rois et la possession ou « sazoka ». Ces rites semblent avoir daté du roi Andriandahifotsy au 17ème siècle. Ce roi s’est servi des reliques de ses deux oncles pour instituer le culte des « dady ».
Au début de toute cérémonie liée au « fitampoha », les noms des rois Andriamisara et Andriamandresiarivo sont les premiers à être invoqués. Selon la coutume, le « fitampoha » devrait être célébré tous les ans. Actuellement, il se tient tous les 5 ans. Mais le dernier a eu lieu en 2008. Il voit toujours la participation de beaucoup de Sakalava, d’autres ethnies et de touristes. Cette année, l’agenda comptera la visite des environs, des chants, de la danse, de la musique, de la transe et jeux divers… Le vendredi 12 août marquera le jour fort de la cérémonie avec la sortie des reliques et le départ vers Ampasy. Pendant une semaine, un village construit provisoirement à Ampasy, comme on le fait à chaque « fitampoha », accueillera les participants.