Antananarivo : le règne des hors-la-loi
La capitale de Madagascar est actuellement sous le règne de tous les types de hors-la-loi qui peuvent exister.
Ici, on ne parlera pas des détrousseurs, des voleurs, des violeurs et autres types de malfaiteurs qui font des victimes chaque jour dans cette ville de lumière. On parlera plutôt des hors-la-loi protégés par les autorités selon leur propre dire. Parmi eux, les charrettes sont les plus fréquentes qu’on rencontre partout à Antananarivo, même devant l’Hôtel de Ville. En effet, les charrettes et les pousse-pousse qui transportent les marchandises de la majorité des commerçants de la capitale ne sont pas censées, selon la loi, circuler en ville entre 7h du matin et 19h. Cependant, ce temps de circulation n’est pas du tout respecté. N’importe qui dans cette ville peut témoigner que n’importe où on peut voir des charrettes bloquer la circulation à toute heure. Ces travailleurs hors-la-loi sont persuadés qu’ils ont l’autorisation de circuler et de gêner la circulation. « Je ne crois pas du tout à cette loi d’interdiction de circulation. Je travaille du côté de Soarano depuis 5 ans et je passe devant les policiers tout le temps sans qu’ils m’interceptent. Je gare ma charrette devant le marché de Pochard. Nous avons les mêmes droits que les voitures et nous pouvons circuler là où nous voulons. Les chauffeurs ne doivent pas nous négliger ou nous klaxonner quand on est devant eux. », raconte Solo, conducteur de charrette. Suite à des interviews menées à travers la ville, on a constaté que tous les conducteurs de charrette et de pousse-pousse interrogés ne sont pas convaincus de l’existence de la loi limittant leurs activités. Meka, tireur de pousse-pousse à Anosibe affirme, « Je ne sais pas si ces interdictions que les chauffeurs nous font souvent savoir existent vraiment ou pas mais en tout cas, je travaille librement en journée sans que la police ne m’en informe. ». Les pousse-pousses et les charrettes d’Anosibe sont parmi les plus encombrantes actuellement et leur libre circulation crée des embouteillages monstres dans ce quartier. L’affirmation de ces travailleurs concernant la loi a une part de vérité car justement, on constate que les charrettes circulent librement en ville sans que les responsables ne réagissent devant cette anarchie. Les charrettes passent même devant les policiers avec leurs tonnes de marchandises à une vitesse d’escargot ralentissant toutes la file de voitures derrière eux. S’ajoutant à cela, il y a aussi les travailleurs des trottoirs.
Les embouteillages monstres de la capitale font plaindre tout le monde. Causés par le mauvais état des routes, du nombre croissant des véhicules, de la libre circulation des charrettes et du non respect des trottoirs, ces embouteillages durent parfois des heures selon les quartiers. Les « vulca » ou réparateurs de pneu, les vendeurs, les laveurs de voitures et autres travailleurs occupent les trottoirs, au point où les piétons sont obligés d’emprunter les routes pour marcher dans la capitale. Ce sont ces occupants illicites des trottoirs qui créent la majorité des embouteillages de la capitale. Le stationnement d’Ambodivona est le parfait exemple de ce système anarchique qui donne avantage aux occupants illicites des trottoirs. Ces gens se croient autorisés à pratiquer des métiers sur les trottoirs et ils osent même écarter les piétons qui passent devant leurs ateliers. C’est à croire que les agents de la police municipale qui ne cessent d’augmenter en nombre ne servent à rien.
Qu’on se le dise. Le système de gestion de la capitale et du pays même est tellement désordonné que les hors-la-loi commencent à prendre le contrôle de la vie de la population. Les gens n’ont pas peur de la loi et c’est normal vu qu’elle n’existe que sur le papier. Les taxis illégaux et les bus hors norme ne sont qu’une infime partie de la preuve de l’anarchie qui règne à Antananarivo. Tous ces problèmes qui nuisent à la vie de la population démontrent que la capitale de Madagascar est actuellement sous le règne des hors-la-loi.
Berado