Programme de développement national: La Banque africaine soulève les faiblesses et défis de mise en œuvre
Le Programme d’appui aux réformes de la gestion économique (PARGE) fait partie du Résumé Trimestriel des opérations de la BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT ayant été publié, tout récemment.
Le PARGE, entend consolider les acquis des programmes précédents, et contribuer à créer les conditions nécessaires pour une croissance économique forte, inclusive et durable, à travers l’élargissement de l’espace budgétaire permettant de dégager des ressources supplémentaires pour la relance économique et la mise en œuvre de la stratégie nationale de Madagascar.
Le PARGE se structure autour de deux composantes qui sont complémentaires : élargir l’espace budgétaire pour mieux soutenir la croissance économique; et promouvoir la reprise économique à travers des investissements permettant la création d’emplois et la réduction des inégalités socio-économiques...
Mieux encore, et d’après les informations rendues publiques par le groupe de la Banque africaine de développement, il est indiqué, notamment, que le PARGE est en accord avec la stratégie de développement de Madagascar. Le présent programme est aligné sur les deux priorités suivantes du PND 2015-2019 : préservation de la stabilité macroéconomique et appui au développement; et croissance partagée et ancrage territorial du développement. L’alignement à ces priorités stratégiques permet à la Banque de soutenir les efforts continus de Madagascar visant à créer les conditions favorisant une croissance inclusive et durable et une sortie graduelle de la fragilité à travers une meilleure gestion économique.
En outre, note-t-on, surtout, que la garantie proposée dans le cadre du programme de réformes PARGE, la GPC – FAD, en vue de faire face aux besoins de financement du pays dans cette situation difficile de post-crise, permettra au Gouvernement de Madagascar (GdM) de sécuriser des financements importants à des coûts avantageux n’affectant pas la viabilité de sa dette à moyen terme…Ainsi, la GPC – FAD permettrait au GdM d’emprunter à des taux compétitifs et sur des maturités plus longues. D’un montant de 40 million USD, la garantie permettra au pays de lever 55 million USD sur le marché de la syndication bancaire local et international… Le pays entend lever une partie du prêt non concessionnel de 55 millions USD en monnaie locale afin de réduire le risque de change du service de sa dette.
Cependant, le groupe de la Banque africaine de développement n’a pas manqué de soulever les faiblesses et défis dans la mise en œuvre du programme de développement national. De la sorte, il est fait état , entre autres, que le défi immédiat et urgent pour les autorités est de maintenir la stabilité macroéconomique, et d’enrayer la mauvaise performance dans la mobilisation des recettes intérieures, afin d’assurer une croissance économique durable et inclusive… Il convient de rappeler que Madagascar a une pression fiscale très faible représentant moins de 10% du PIB depuis le début de la crise en 2009. Ce niveau de recettes intérieures ne suffira pas pour soutenir la stratégie ambitieuse du PND. La mise en œuvre effective du PND pour une inversion durable de cette situation nécessite dans l’immédiat une amélioration du recouvrement des recettes intérieures, ainsi que de nouveaux ajustements de la politique fiscale et une lutte efficace contre la fraude fiscale. La combinaison de ces facteurs permettra aux autorités de disposer d’une plus grande marge de manœuvre budgétaire pour mieux soutenir la relance économique et l’amélioration des services publics envers les populations défavorisées.
De plus, d’après les mêmes données, il est indiqué que l’accélération de la relance de l’économie malgache pour assurer une croissance soutenue à même d’inverser la détérioration des indicateurs sociaux reste un défi important à moyen terme… Aussi, la relance de l’économie est-elle impérative pour réduire la pauvreté. Ceci requiert une augmentation des investissements publics en capital physique, humain et institutionnel ainsi qu’un meilleur appui au secteur privé, notamment à travers l’apurement des encours d’arriérés existants et l’arrêt de l’accumulation de nouveaux arriérés , et l’amélioration du cadre juridique régissant les PPP afin d’attirer des financements additionnels dans les infrastructures.