Equilibre des recettes avec les dépenses: Tout ce qu’on doit savoir sur ce qui manque
La progression attendue des recettes fiscales sera insuffisante pour couvrir la hausse des dépenses budgétaires, empêchant toute amélioration des finances publiques, note la Coface. Malgré les mesures destinées à augmenter les recettes, grâce notamment à une amélioration du recouvrement des revenus fiscaux et douaniers, les revenus de l’Etat resteront contraints par le manque de dynamisme de l’économie. La baisse annoncée des subventions devrait par ailleurs être plus que compensée par une hausse des dépenses d’investissement, en raison des engagements pris par le nouveau gouvernement en matière de projets d’infrastructures. Ces dépenses devraient être financées, au moins partiellement, par l’aide internationale. Mais, remarque la Coface, la reprise effective des versements, interrompus par les pays donateurs et bailleurs de fonds internationaux depuis le coup d’Etat de 2009, reste liée à la stabilisation de la situation politique. Enfin, le remboursement progressif des arriérés domestiques de l’Etat et les pertes financières accumulées par la compagnie nationale d’eau et d’électricité (JIRAMA) pourraient peser davantage sur le budget en 2016.
Le déficit courant devrait légèrement diminuer en 2016 en raison du repli des importations qui devrait plus que compenser la stabilisation, voire la baisse des exportations…
Et au sujet des objectifs dans les finances publiques, dans le cadre de la LFR 2016, des réajustements ont été opérés au niveau des dépenses publiques tout en priorisant les dépenses à caractère social et ayant des impacts sur les couches vulnérables. Avec la mise en place progressive du système de contrôle de la gestion des effectifs, les dépenses de personnel se stabilisent à 1808,4 milliards d’Ariary dont 1665,2 milliards d’Ariary de dépenses de solde et 143,2 milliards d’Ariary d’indemnités. Les dépenses de transferts accusent une légère hausse de 4,3%, passant de 963,6 milliards d’Ariary à 1005,3 milliards d’Ariary, suite à une augmentation des subventions allouées à la JIRAMA. Les ajustements à la baisse concernent surtout les dépenses en biens et services (-22,8%) et les Ressources Propres Internes hors opérations d’ordre (RPI) des investissements sur financement interne (-5,6%), pour atteindre respectivement 212,0 milliards d’Ariary et 492,0 milliards d’Ariary. Quant aux investissements sur financement externe, ils passent à 1189,1 milliards d’Ariary contre 1047,2 milliards d’Ariary dans la Loi de Finances Initiale 2016, consécutif à l’augmentation des subventions extérieures. Les arriérés s’élèvent à 138,0 milliards contre une prévision initiale de 185,0 milliards d’Ariary. Ainsi, les dépenses totales seront estimées à 5318,8 milliards d’Ariary contre une prévision initiale de 5321,8 milliards d’Ariary.
Le déficit public sera contenu à 4,5% du PIB contre 3,7% prévu initialement, soit 1415,4 milliards d’Ariary.
Le financement intérieur du déficit sera assuré en grande partie par des émissions de titres émis par le Trésor auprès des secteurs bancaire et non bancaire. Le montant des souscriptions s’élèvera à 2480 milliards d’Ariary tandis que les remboursements à effectuer en contrepartie s’élèveront à 2048,7 milliards d’Ariary. A cet effet, l’encours des titres émis par le Trésor augmentera de 431,3 milliards d’Ariary durant l’année 2016.
Par ailleurs, le Trésor va recourir à des avances auprès de la Banque Centrale dans la limite autorisée par le Statut de celle-ci.
Les concours des partenaires financiers étrangers sous forme d'emprunts totalisent 1157,2 milliards d’Ariary dans la loi rectificative des finances pour 2016 dont 553 milliards d’Ariary à titre de prêts projets et 604,1 milliards d’Ariary sous forme d’aides budgétaires.
Concernant la prévision dans le secteur extérieur, la LFR 2016 stipule que le déficit du solde courant s’est détérioré par rapport à la prévision dans la LFI 2016, passant de 117,5 millions DTS à 158,8 millions DTS, consécutivement à la dégradation de la balance commerciale allant de (-276,7) millions DTS à (-287,3) millions DTS. Ce résultat s’explique surtout par la baisse de 7,1% des exportations, plus forte que la diminution de 5,5% des importations par rapport à la Loi de Finances Initiale 2016. Le taux de couverture passera alors de 85,3% à 83,9 % dans la Loi de Finances Rectificative. Le compte de capital et financier sera par contre largement excédentaire de 262,7 millions DTS contre (-50,6) millions DTS prévu initialement. Cela s’explique surtout par l’arrivée en masse des Investissement Directs Etrangers (IDE) pour s’établir à 343,5 millions DTS. Ainsi, la balance globale sera excédentaire de 103,9 millions DTS. Le taux de change est estimé à 4443,9 Ariary par DTS.