Tireur de pousse-pousse: « Je suis obligé de dormir accroupi »

Cela fait maintenant près de dix ans qu’un père de famille, qui a préféré rester dans l’anonymat, exerce le métier de tireur de pousse-pousse dans la ville de Mahajanga. Cela lui a permis de gagner sa vie et de subvenir à ses besoins quotidiens durant ces années. Mais le dur labeur que représente ce métier a engendré des séquelles considérables sur la santé physique du jeune homme. Il aurait d’abord commencé par tirer le pousse-pousse à pied, avant de troquer le traditionnel moyen de transport en cyclo-pousse quelques années plus tard. Ainsi, après avoir marché en tirant le pousse-pousse pendant plusieurs années, il continua en pédalant durant toute la journée avec son cyclo-pousse chargé du poids des clients qu’il transporte. Et le travail est le même jour après jour, semaine après semaine, année après année.

Cette activité répétitive qui nécessite un grand effort physique a causé des distorsions musculaires au niveau de ses membres inférieurs. Conséquence : il ne peut plus étendre ses jambes, comme toute personne normale, sans que ses muscles lui fassent souffrir. « Même quand je dors, je suis obligé de mettre mes jambes en position accroupie, alors que mon corps est allongé », déclare-t-il. Il ajoute que c’est dans cette position qu’il se sent le mieux et qu’il réussit à trouver le sommeil. Il doit également effectuer un échauffement semblable à ceux des grands sportifs avant d’aller se coucher, pour que les douleurs au niveau de ses jambes s’atténuent. Les exercices de flexions font ainsi partie de son rituel avant-dodo.

Le père de famille continue malgré tout d’exercer ce métier, faute d’avoir d’autres recours moins fatigants pour gagner sa vie. A noter que Madagascar fait partie des derniers pays à accepter ce travail, considéré comme une autre forme d’esclavage dans les pays occidentaux. Pourtant, vers quoi se reconvertiront-ils ces tireurs de pousse-pousse si ce métier était aboli ? Et également, comment les usagers se déplaceraient-ils dans les villes comme Mahajanga ? Aucune réforme ne peut se faire sans des initiatives au niveau des dirigeants de l’Etat, sensés veiller au bien-être de son peuple.

Nomena