EDITO: Beaucoup ont pouffé...
S’étant rendu compte que les travaux relatifs au Village de la Francophonie ne seront pas achevés à temps, le président Rajaonarimampianina a voulu se tirer d’affaire par la pirouette suivante : « Ces infrastructures ne sont pas destinées à la Francophonie mais à la postérité (taranaka). Mais si elles sont terminées avant le sommet de la Francophonie, ce serait bien… ». C’était samedi sur le chantier d’Andohatapenaka.
Par ce tour de passe-passe, on pense disculper un régime lourdaud qui échoue dans presque toutes ses entreprises. Car pendant des mois, ce chantier d’Andohatapenanka a été présenté comme relevant du sommet de la Francophonie. En avril d’ailleurs, le ministre auprès de la Présidence chargé des Projets Présidentiels, Narson Rafidimanana est descendu sur le site pour évaluer l’avancement des travaux. Les propos tenus alors aux journalistes qui ont couvert la visite : « On est dans les temps. Le Village de la Francophonie sera terminé et livré en octobre, soit un mois avant l’ouverture du sommet de la Francophonie… ».
Mais les travaux ont ensuite piétiné puis ont cessé, faute de financement, a-t-on dit. Peu avant, les ouvriers ont remarqué que des matériaux et équipements sont détournés, peut-être vers des chantiers personnels de gros bonnets du régime. Dans les chaumières donc, beaucoup ont pouffé de rire en entendant Hery Rajaonarimampianina se justifier maladroitement sur les défaillances d’un ministère placé directement sous sa tutelle. Pourtant en avril dernier, le ministre Rivo Rakotovao a été brutalement écarté et remplacé en raison justement du retard dans les travaux. Visiblement, son successeur, Narson Rafidimanana, n’est pas mieux qualifié et est incapable de boucler les travaux dans les délais.
On l’a déjà dit, ce régime a un personnel médiocre et malgré les remplacements, cela n’avance guère, dans le développement national comme dans le chantier de la Francophonie. Qui sait d’ailleurs, les retards sont peut-être intentionnels et ont pour objectif le fait suivant : sur les travaux qui ne sont pas achevés à temps et qui se poursuivent après le sommet de la Francophonie, les bailleurs sont moins regardants. Bref, ils ne surveillent plus guère l’utilisation des fonds. C’est le moment que choisissent les gros bonnets pour piller les caisses et faire main basse sur les matériaux…
A. R.
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