La loi scélérate et les médias: Il faut faire avec

Après les inondations de 2015, pour «Eviter ce qui est évitable» avec un certain retard le régime réalise enfin  que «l’heure est venue de donner un sens fort,  dans toute sa rigueur au plan d’urbanisme.» Il y a ce code  de la communication qui a fait couler tant d’encre et de salive. Les observateurs les plus optimistes se demandent si on peut encore éviter l’inévitable vague de réactions que ne manquera pas de soulever cette loi qualifiée de «liberticide» par l’opinion. A cause des justifications pas très convaincantes avancées par le président Hery Rajaonarimampianina à la presse, lors d’une visite de chantier à Ivato, la méfiance demeure, quant à la détermination des dirigeants de vouloir brider les médias. Réaction unanime de la profession et de la société civile pour dénoncer le retour légalisée de la «censure»…

Quand l’exemple vient d’en-haut, les choses se compliquent. A l’heure actuelle justement, à propos de la décision n°30-HCC/D3 de la plus haute institution de justice en date du 30 août 2016 portant Code la Communication médiatisée, la lecture de l’article d’Alain Foulon  s’impose…Et pour cause, ce directeur de la rédaction du mensuel L’Eco Austral dans un  de ces article a posé la question de savoir : «LA LIBERTE D’EXPRESSION POUR QUOI FAIRE ? ».  Ce faisant, il a mis le doigt sur une plaie qui fait mal au monde de la  presse et ne concerne pas  uniquement le paysage médiatique malagasy. Rapport au drame du journal Charlie Hebdo, il a osé même écrire : «les libertés réelles, celle que l’on vit au quotidien, me semble plus importantes que la Liberté avec un grand L... » Il déplore que «Parmi les libertés réelles celle de  blasphémer et de provoquer des violences ne paraît pas la plus intéressante. Mais dans la société du spectacle, elle est  utile à ceux qui veulent faire parler d’eux (…). Tout cela ne dit rien qui vaille. La guerre ne fait sans doute  que commencer (…) Et que cela  ne se passait pas seulement au Mali,  en  Centrafrique ou en Irak. C’est  d’ailleurs quasiment le monde entier qui  se trouve en guerre sous de variantes diverses qui peuvent se combiner. Guerre économique, guerre culturelle, guerre civile, guerre ethnique, guerre de religion, guerre sur le Web…» De son temps déjà Chateaubriand avait écrit dans les «Mémoires d’outre-tombe : « La presse est un élément  jadis ignoré, une force autrefois  inconnue introduite maintenant  dans le monde, c’est la parole  à l’état de foudre, c’est l’électricité sociale. Pouvez-vous faire qu’elle n’existe pas ? Plus vous la comprimiez, plus l’explosion sera violente. Il fait faut donc vous résoudre à vivre avec elle (…) » comme nous  vivons tous actuellement avec le courant électrique et les mauvaises surprises du court-circuit qui ont causé des désordres nocturnes jusque dans les appartements du Chef de l’Etat… A propos  toujours de la presse et des ces historiens du quotidien  que sont les journalistes ces «missionnaires de la vérité», l’auteur de l’«Essai sur les révolutions» poursuit ses conseils éclairés en affirmant qu’«il vous faut apprendre à vous en servir, en la dépouillant de son danger, soit qu’elle s’affaiblisse peu à peu par un usage commun et domestique, soit que vous  assimiliez graduellement vos mœurs et vos lois aux principes  qui régiront désormais l’humanité.»

Pour le moment, en ce qui nous concerne tous, l’opinion ne sera que plus préoccupée à cause de la précision de l’article 2 de cette décision prévisible de la Haute Cour Constitutionnelle qui décide que, «toutes les autres dispositions de la loi n°2016-029 portant Code de la communication médiatisée sont  déclarées conformes à la Constitution et peuvent être promulguées.» Alors que dans un flou artistique contradictoire une injonction de la même décision en son article premier  stipule bien précisément que la dite loi soumise au contrôle de la Haute Cour Constitutionnelle «doit être mise en conformité à la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples et instruments internationaux des droits de l’homme». N’est pas spécialiste du Droit qui veut, mais là alors, quelque part on a poussé le bouchon un peu trop loin. Pour le cas d’une motion de déchéance à l’endroit du Président de la République, les hauts conseillers n’ont pas fait preuve d’autant de zèle pour se conformer à la Constitution.

Désormais, il nous faudra  fermer les yeux, les oreilles et la bouche sur les dérives de certaines personnalités qui, hommes d’Etat en public et gredins voleurs dans leurs vices publics font scandale. Interdit de voir dans la sexualité perverse de certains d’entre eux qui, à cause des beaux yeux de quelques  favorites ensorceleuses entraînant des polygamies de fait vont brader les octrois des marchés publics et les intérêts supérieurs d’une population de plus  de 20 millions d’âmes. Quitte à mettre en danger la sécurité de celle-ci en acceptant les espèces sonnantes et trébuchantes d’un islam radical sournois qui n’a rien à voir avec la religion du Prophète Mahomet… «Errare humanum est, perseverare diabolicum ! »   

N. Razafilahy

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