Délivrance de visa malgache: En suspension…

En réaction aux diverses et répétitives irrégularités, en rapport à l’octroi de visa, perpétrées par certains Consulats honoraires de Madagascar à l’extérieur ces derniers temps, le ministère des Affaires étrangères (MAE) conjointement avec le ministère de la Sécurité publique a décidé de suspendre momentanément et ce pour une durée indéterminée l’octroi de visa auprès des consulats concernés dont la source a omis de divulguer aussi bien leurs identités que la nature de leurs infractions. En fait, Madagascar est représenté à l’extérieur par des Ambassades, des Consulats généraux et honoraires repartis dans plusieurs pays comme la France, l’Inde, l’Algérie, etc. ainsi que des représentants au niveau des organismes internationaux à l’instar de l’Unesco en France, des Nations Unies aux USA.

A titre indicatif, un passeport, d’une part, de par son  contenu, ressemble à une pièce d’identité mais contenant plus d’informations permettant l’identification du titulaire telles que les noms et prénoms, le genre, la date et lieu de naissance, etc. et des caractéristiques physiques comme la taille, la couleur des yeux, etc. Il est délivré par le gouvernement d’un Etat à ses administrés (au ministère

de l’Intérieur pour Madagascar), permettant à son porteur de voyager à l’étranger. Dans certaines conditions (coopération bilatérale ou régionale par exemple), la possession de ce seul document suffit de franchir une frontière mais dans d’autres, il devrait être couplé à un visa. Et d’autre part, un visa s’apparente à une vignette ou un cachet officiel (tampon) apposé le plus souvent sur un passeport par l’autorité diplomatique (les Ambassades) ou consulaire (les Consulats généraux et honoraires) représentant un pays à l’étranger et par les autorités policières (ministère de la Sécurité publique pour Madagascar) dans certains Etats à leurs frontières, valant pour son bénéficiaire autorisation de séjour pendant une durée bien déterminée dans ce pays.

En effet, suite à la suspension sus citée, toutes personnes souhaitant avoir le visa malgache mais qui résident dans un pays où il n’y a ni Ambassade ni Consulat général sont donc obligées d’effectuer leur demande par correspondance auprès du MAE.

Bref, rappelons au passage que jusqu’à présent, le passeport malgache n’offre en général un accès sans visa ou avec délivrance à l’arrivée qu’à seulement 48 pays dans le monde. En effet, selon le sitewww.passeportindex.com, en analysant la capacité de voyage des citoyens des 199 pays, les citoyens malgaches, sans devoir s’acquitter au préalable d’un visa, ne peuvent visiter que 16 pays tels que le Swaziland, la Malaisie, l’Equateur, etc. Par ailleurs, dans les 32 autres comme l’Iran, la Bolivie, les Maldives, etc., la délivrance de visa à l’arrivée est  obligatoire.

Comparée à nos îles voisines de l’océan Indien, Madagascar se trouve en queue du peloton…très loin derrière Seychelles et Maurice. De fait, dotés de leurs passeports, les Seychellois, sans visa, peuvent voyager dans 123 pays et les Mauriciens 116.

En outre, même parmi les Etats membres de l’Organisation de la Francophonie, selon toujours ce site, le passeport malgache ne donne accès qu’à une dizaine de pays à l’instar des Comores, d’Haïti, des Seychelles, etc. 

Cependant, d’ici 2020, si le projet « passeport africain », lancé lors de la 27 ème session ordinaire des chefs d’Etat de l’Union africaine (UA), conçu pour permettre à tous les africains de voyager sans visa partout sur le continent dont presque tous les pays, sauf le Maroc, sont membres serait réalisé, ce nombre 48 pourrait doubler et permettra ainsi aux Malgaches de circuler librement dans plus de 100 pays à travers le monde.

Mais pour le moment, bien que sa mise en œuvre serait à coup sûr profitable, et pour la solidarité des Africains à la hauteur de l’ambition fédéraliste de certains chefs d’Etat et pour l’économie, cela ressemble plus à une promesse électorale à l’africaine, c’est-à-dire une promesse jugée souvent trop ambitieuse et très vite jetée aux oubliettes.

En plus, face aux grands défis qu’appelle ce projet par rapport aux questions pertinentes qui bouleversent le monde d’aujourd’hui, à l’exemple de la migration, la gestion des épidémies comme l’Ebola, Zika, etc. dont le continent en souffre presque systématiquement, la sécurité surtout avec le développement sans précédent du terrorisme, sa réalisation semble incertaine. 

Rivo Raphaël Chreçant