DFP, SADC, Chissano même combat: L’entente cordiale ou le chaos ?

Si tous  les prophètes de mauvaises augure après avoir sûrement consulté des boules de cristal parlent tous et en font tout un plat sur l’éventualité du « sang qui va couler » ou d’ «un bain de sang», dans les milieux de gens de bonne foi, à la rigueur, on craint plutôt pour aujourd’hui «un vendredi à haut risque » ou au pire un «affrontement inévitable» sur la Place du 13 Mai. Les mouvements contestataires locaux, Joaquin Chissano et la délégation de SADC abordent plutôt la situation qui prévaut actuellement dans le climat politique national avec beaucoup de compréhension pacifiste et de philosophie.

Au nom et dans l’esprit d’une  Feuille de route initialement prévue pour assainir l’espace politique malagasy, la communauté internationale  « devrait continuer à suivre de près la situation, apporter en tant que de besoin son soutien et sa facilitation aux parties malgaches » même après la mise en place d’un processus électoral «réputé  crédible, libre, juste et transparente.» Au lieu de voir le ferment d’une conjuration en gestation  dans la détermination légitime d’un ensemble de corporations et d’associations avides d’un mieux-être dans un climat de gouvernance stabilisé pour l’avènement d’une Refondation institutionnelle réelle, les médiateurs comme les acteurs politiques en opposition au régime en place s’obstinent plutôt à trouver les voies et moyens pacifiques pour aboutir à une entente cordiale entre concitoyens de la même République. Déterminés à bien remplir la mission qui a été confiée par les chefs d’Etat de SADC, Joaquim Chissano et son équipe s’efforcent de positiver les acquis (minimes et décevants) de l’ordre établi par l’avènement d’une 4ème République qui a oublié en cours de route  ses serments de bons et loyaux services au profit du peuple malgache. Sur un parcours déplorable marqué plus, par les défaillances, les carences et les péchés originels d’un système conduit par une équipe mal préparée ou qui ne s’était pas attendue du tout à arriver au pouvoir, plutôt que par des réussites encourageantes, il y a plus à blâmer qu’à s’en vanter.

Hier, à l’Hôtel Panorama à Andrainarivo, au cours d’une rencontre d’explication en présence des médias de la capitale, les représentants du DFP ont clarifié la situation à propos de la diabolisation intense dont  ils font l’objet de la part d’une certaine presse. Pour aboutir à un dialogue entre nationaux nécessaire et incontournable à l’heure actuelle, en bute à la surdité et à la cécité intellectuelle  des hommes au pouvoir, la partie malgache a toujours fait preuve d’une volonté politique inlassable. Pour preuve, on peut tenir compte de ce courage civique de la confédération  des mouvements syndicalistes  rassemblés sous la bannière de DFP qui, par la voix de  Ratolojanahary Maharavo avait rendu public l’objectif final de cette organisation : «parvenir à la mise en place d’une concertation nationale pour le salut de la nation avant 15 septembre 2016 au plus tard ». Et c’est justement pour programmer les préparatifs préliminaires des débats qui serviront de base à la Refondation Nationale que les militants conduits par  cet administrateur civil franchement engagé se mobilisent tous, sans tenir compte des critiques apeurées des courtisans d’un régime paniqué à l’idée de  faire l’objet d’une remise en cause des pratiques ambiantes de la  mauvaise gouvernance. Ils ne cachent point leur détermination vis-à-vis du pouvoir : c’est à prendre ou à laisser. Parce que disent-ils, «il n’est plus question de supporter davantage jusqu’à la prochaine échéance électorale de 2018, toutes les insupportables déviations que subissent le peuple malgache.» En clair, ou bien Hery Rajaonarimampianina et son équipe acceptent de débattre autour d’une table de négociation, ou bien c’est le chaos et le choc inévitable entre les tenants du pouvoir et les partisans de l’avènement d’un renouveau institutionnel souhaité par l’opinion et consenti par tous. La finalité recherchée serait de chercher à dépasser les différents pour trouver le fruit des efforts sincères et sans  complaisance. Sans qu’il soit question d’alliance intéressée et de consensus pervers. Sur ce point précis Doudou, le charismatique meneur du DFP ajoute, «en cas d’entêtement de leur part, que ceux d’en face se préparent à sévir et à tuer leurs propres compatriotes !» Il n’est plus  question pour de reculer.

Hier, à l’Hôtel Panorama à Andrainarivo, au cours d’une rencontre d’explication en présence des médias de la capitale, les représentants du DFP ont clarifié la situation à propos de la diabolisation dont  ils font l’objet de la part d’une certaine presse. Par solidarité militante, ils ne cachent pas leur sympathie et leur admiration à l’endroit de Faniry et de l’AFP à propos de la manifestation de ce  jour sur la Place du 13 Mai, sans pour autant en être les initiateurs. La rencontre a été clôturée par la lecture d’un communiqué d’appel pour l’avènement d’un « nouveau système avec des hommes de bonne volonté pour le salut de la Nation. » Exit les brebis galeuses et les loups retranchés dans la bergerie de la République.

N. Razafilahy

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