Hery Rajaonarimampianina: Humour aussi à Toamasina
Mardi dans la capitale, lors d’une visite du chantier de la Francophonie à Andohatapenaka, Hery Rajaonarimampianina a provoqué le rire dans les chaumières. En effet, comme le Village de la Francophonie ne pouvait être achevé avant le sommet de novembre prochain, il a fait la déclaration suivante : « Ces infrastructures ne sont pas destinées au sommet de la Francophonie mais aux générations futures… ». Depuis un an pourtant, le chantier a été officiellement présenté comme relevant du sommet… Rebelote jeudi à Toamasina où il a présidé la cérémonie marquant le 15ème anniversaire de la Cour d’Appel locale. Au micro en effet, l’homme a fait l’éloge d’une justice indépendante et impartiale. Il a donc exhorté le personnel des tribunaux du Grand Port à faire vivre une telle justice qui est « le refuge des faibles ». Au premier rang, les magistrats en grande tenue et les officiels ont étouffé leur rire avec peine. Debout derrière, les militants du parti HVM ont poliment applaudi le passage. Mais au fond, le public composé de curieux et de badauds a ri sans complexe en montrant ses dents.
Quelle était la raison de cette franche hilarité ? Car dans l’affaire du kidnapping d’Arnaud et d’Annie à Toamasina, les prévenus incarcérés à la prison locale d’Ambalatavoahangy ont été extirpés sur ordre de la Présidence de la République. Devant de nombreux militaires armés, des émissaires du palais d’Iavoloha ont donné l’ordre de sortir ces détenus de leurs cellules et de les embarquer dans des cars. Ils on ensuite été transférés dans des prisons de la capitale, notamment Tsiafahy et Antanimora. Si les habitants de Toamasina ont ri mardi, c’est parce qu’ils étaient nombreux à s’attrouper devant la maison d’arrêt locale pour voir le transbordement… Et si les magistrats de Toamasina ont pouffé, c’est parce qu’ils ont été dessaisis à cette occasion au profit de leurs collègues de la capitale. Ce qui a fait rire, c’est que l’homme, qui s’est immiscé bruyamment dans une affaire judiciaire à Toamasina, y a prêché mardi l’indépendance de la justice.
Notons que jusqu’à maintenant, ce dossier n’a pu être tiré au clair, malgré le meurtre de la fille kidnappée, Annie, 13 ans, et l’incarcération d’un magistrat de Toamasina, Jacky Rabehaja. C’est dire que l’ingérence de la Présidence de la République n’a pas permis d’élucider l’affaire. Il est vrai que l’épisode est mêlé à une sombre histoire de trafic de bois de rose… En tout cas, les interventions du président Rajaonarimampianina sont plus suivies maintenant. Le public est à l’affût de certains détails qui provoquent un rire soudain et irrépressible.
A. R.
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