Le poing: Nous sommes foutus ...

Même pas une kalachnikov, ni un pistolet à balle à blanc n’ont été utilisés hier pour disperser les quelques manifestants de l’AFP sur l’Avenue de l’Indépendance. Il y eut, en effet, plus de policiers, de gendarmes, de militaires que de badauds. Sur les lieux, on a remarqué que tout était calme, comme un jour  ordinaire.

Il faudrait que les organisateurs d’une telle manif’ revoient leur stratégie, car un rassemblement sur la Place du 13-Mai, ça se prépare. D’abord, y tenir une manif’ un 19 août  est une aberration : c’est un moment où les parents, les étudiants se fournissent en matériels scolaires, c’est un moment où beaucoup sont encore en vacances… Bref, ils ont encore beaucoup à apprendre de leurs aînés qui ont réussi à prendre le pouvoir en 1972, 1991, 2001-2002 et 2009. Ce qui a manqué, hier, c’est l’absence de vrais leaders de l’opposition.

En tout cas, le chef de l’Etat, le Premier ministre, le président de la HCC ont rigolé  à gorge profonde après l’échec de la manifestation de ce 19 août, prévue déstabiliser le régime de Hery Rajaonarimampina. Une autre stratégie reste, donc, à trouver. D’abord, qui est ce chef de l’AFP, censé diriger ce mouvement de contestation ? C’est encore un illustre inconnu. Des conditions sont à remplir avant de prétendre présider un rassemblement populaire. Ensuite, visiblement, cet homme manque de charisme. Pire : les médias audio-visuels proches de l’opposition ne l’aident pas dans ce sens… Ce qui fait la joie et le bonheur des tenants du régime qui espèrent rempiler en 2018.

Nous saluons l’attitude de l’ambassade américaine qui n’exprime plus le même enthousiaste qu’auparavant à l‘égard du chef du palais d’Iavoloha. Néanmoins, M. Rajaoanarimampianina est là. Personne ne peut, pour l’instant, l’évincer de son siège présidentiel, grâce à l’inertie de la population et la complicité de certaines capitales occidentales.

Par ailleurs, très loin de nous, on continue de dénoncer la « colonisation » de la Crimée par Moscou, tout comme les agissements de son armée en Syrie. La Russie est-elle encore une puissance militaire qui domine la moitié de l’Europe ? Sûrement pas ! Mais l’OTAN, particulièrement la France et l’Angleterre, ont toujours une peur bleue de Kremlin.

Un jour viendra où Vladimir Poutine envahirait une partie des côtes malgaches ou la totalité des îles éparses, et ce ne n’est pas Londres ou Paris qui vont aider la pauvre, la dérisoire armée malgache à défendre le territoire national. Dans tous les domaines, nous sommes foutus d’avance !

Franck Raharison

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