Services publics: Berceau de la corruption !

Tout citoyen qui a utilisé les services publics de Madagascar a inévitablement déjà fait face, ou au moins a pu observer, une situation de corruption. Ces endroits censés règlementer la paperasserie de la population, sont le terrain privilégié des formes d’entrave à toute procédure par voie normée. Dès la file d’attente qui mène aux différents bureaux administratifs, jusque dans ces bureaux même, la corruption règne. « J’ai du attendre plus de 6 heures pour accéder aux bureaux pour préparer la pension de retraite de ma femme, et un homme tout jeune ose passer ses dossiers par-dessus mon épaule quand je suis enfin reçu ! », s’indigne un vieux monsieur sortant d’un bâtiment administratif de la capitale, qui n’a donc rien pu faire face à cette situation. Soudoyer afin de passer en premier parmi les foules, connaître un tel ou un tel au sein du service afin d’accéder rapidement à la demande, etc. Ces pratiques se sont mutées en de réelles habitudes. Le plus inquiétant, c’est que tout un chacun est devenu indifférent par rapport à ces conditions. Un reportage livré par un média étranger a recueilli à ce sujet un témoignage signalant qu’à Madagascar « celui qui respecte les règles est celui qui est anormal ». Le système est donc tellement corrompu que soudoyer s’est transformé en l’unique moyen d’arriver « normalement » à ses fins, et les services publics sont devenus l’école de vie de ces pratiques pourries pour ceux qui n’y ont pas encore été initiées. 

Nomena