Ministère de la Communication: Hold-up de Nivo Ratiarison !
Cinq mois déjà que des agents de l’ORTM (Office de la radio et télévision malagasy) se sont plaints des malversations commises par le ministre de la Communication et son directeur de cabinet (lire notre édition du 18 mars 2016 : « Télévision malgache : rackettée par son ministre ? »). Aujourd’hui, ils n’ont plus à avoir peur de leurs deux anciens collègues devenus leurs patrons contre lesquels ils ont maintenant une preuve irréfutable de leurs malversations.
Le directeur de cabinet, Nivo Ratiarison, a été, en effet, pris en flagrant délit de détournement. Il s’agit d’une somme de 15 millions Fmg correspondante à des annonces publicitaires de la compagnie de téléphonie Airtel dans l’émission matinale de la Télévision malagasy,
« Mazava Atsinanana ».
Le paiement se faisait par chèque émis le 26 février 2016. Ce n’est que le 15 juin que le chèque est présenté à l’encaissement après avoir été endossé par Nivo Ratiarison qui le verse à son compte personnel.
C’est pendant la compensation que la banque d’Airtel relève une anomalie dans le sens où pour ce client, un chèque ne peut être endossé que par le seul bénéficiaire inscrit sur le titre de paiement. Le chèque est rejeté. Le pot aux roses est découvert.
Ce chèque confirme que le ministère s’immisce directement dans les affaires de l’ORTM. Et cela corrobore les récriminations des agents des médias publics selon lesquelles le ministre Andrianjato et son directeur de cabinet puisent dans les caisses de l’ORTM.
Plus grave encore, ce chèque retourné traduit la détermination de M. Ratiarison de détourner à son profit des recettes destinées à la TVM.
Des sources informées indiquent que le chèque a été émis par Airtel au nom de Televiziona Malagasy.
Le directeur de cabinet aurait ajouté Mazava Atsinanana puis a confectionné un tampon de Televiziona Malagasy Mazava Atsinananana avec le sceau de la République malgache.
Pour les juristes, ces agissements peuvent être assimilés à des faux et usage de faux en écritures publiques ; faux et usage de faux en écritures de banque; tentative de détournements de deniers publics; confection et usage d'un faux cachet de l'Etat.
Ce n’est que deux mois après que les choses commencent à bouger en haut lieu.
Entre-temps, le ministre est resté silencieux. D’après les connaisseurs, Vonison Andrianjato serait pourtant en parfaite connaissance de cause et ne pourrait lâcher celui avec qui il a fait les quatre cents coups.
Leurs agissements seraient tels que l’ORTM a des difficultés pour payer les salaires de ses agents.
Les contractuels ECD n’auraient pas encore reçu leur paie du mois de juillet malgré les énormes recettes publicitaires de la radio et la télévision nationales.
Pareillement, c’est afin de perpétuer leur main mise sur la télévision nationale que les deux compères n’ont pas voulu nommer depuis janvier un directeur de la station après que Lantomalala Rasata ait claqué la porte pour marquer son refus de suivre les ordres du ministre et de son directeur de cabinet devenu de fait directeur de la TVM. Outre la main basse sur les caisses de l’ORTM, le couple serait également en train de prendre possession du complexe de l’ORTM à Anosy.
D’après des agents des stations publiques, le ministre Andrianjato et son directeur de cabinet Ratiarison auraient racheté la station Space Radio qu’ils ont renommé Radio Soa laquelle aurait pris ses quartiers au 1er étage de l’immeuble d’Anosy.
Parallèlement, la partie calcinée de l’immeuble est en cours de réhabilitation par des étrangers sans que personne ne sache le contrat.
Les agents de l’ORTM ne parlent plus du contrôle des services financiers et comptables de l’ORTM où des proches auraient été nommés.
Ces deux responsables ont confectionné la version finale du code de la communication tant controversé.
Jusqu’à présent, ils sont couverts par le président Rajaonarimampianina qui ne rien entendre des doléances des journalistes. Sait-il vraiment qui sont les gens qu’il protège?
Sa