Examens et concours : amateurisme et sabotage !

Reporté pour cause d’incidents multiples, le concours pour le recrutement de 280 fonctionnaires des Douanes (dont 30 inspecteurs et 100 contrôleurs) se déroulera de nouveau ce jour. En raison des graves anomalies qui ont émaillé récemment des examens et concours très en vue, le prestige (en a-t-il encore ?) du régime est sévèrement écorné. Il s’agit du baccalauréat et du concours des Douanes. Pourtant, les épreuves ont été préparées avec soin et les mesures adoptées ont fait l’objet d’un battage publicitaire. Et cela, en premier lieu, dans un but de propagande pour glorifier l’esprit d’organisation du régime. En second lieu, pour rassurer les candidats et leurs familles échaudés par la répétition des magouilles ou incidents.

Ainsi, pour sécuriser le concours des douanes 2016, quatre entités ont conjugué leurs efforts, signant même à cette fin une convention de partenariat : la direction générale des Douanes, le Bianco, le ministère de la Fonction publique et la direction générale de l’Audit Interne (ministère des Finances). Alors que tout devait marcher comme sur des roulettes, des accrocs survinrent le jour dit. La défaillance résidait surtout au niveau des sujets : leur nombre était insuffisant, ou des pages leur manquaient, obligeant les organisateurs à photocopier, même dans les… cybercafés. Les épreuves qui devaient commencer à sept heures ne démarrèrent finalement qu’à 11 heures. Résultat : dans certains centres, qui ont débuté à temps, les candidats sortis tôt ont communiqué les sujets (par téléphone) à ceux qui attendaient encore…

Au baccalauréat, des pages absentes, des erreurs de formulation ou des sujets hors programme ont contraint les organisateurs à attribuer d’office des « bonus », c’est-à-dire des points de compensation. En physique-chimie série D, par exemple, 3,5 points sur 20 ont été remis à chaque candidat pour gommer les carences officielles. Ces incidents sont dus à l’amateurisme et à l’inexpérience. Ils auraient pu être évités si les organisateurs avaient fait montre de rigueur et de sérieux dans leur tâche.

La désorganisation dans le déroulement fut aggravée par le sabotage du personnel, convoqué aux épreuves. Le cas le plus flagrant fut la défection massive et surtout inattendue des surveillants. On ne s’en aperçut qu’à la dernière minute, et les organisateurs durent improviser pour pallier à l’abstention. Au bac, certains centres ont recouru à des étudiants du supérieur rameutés en catastrophe. Dans un CEG de la capitale, la directrice, étrangère à l’examen mais sollicitée, a battu le rappel de ses enseignants et même son domestique et les gardiens et jardiniers de l’établissement.

Au concours des Douanes, à cause de l’insuffisance des surveillants attachés à la réception des copies, les candidats formèrent une queue monstre dès le coup de gong. Pendant une heure ou plus, ces derniers purent communiquer entre eux et rectifier ou compléter leurs réponses dans les questionnaires à choix multiples. L’ampleur de la défection des surveillants fut telle que nous parlons sans hésiter de sabotage. Les fonctionnaires de l’éducation convoqués étaient mécontents du montant des vacations (rétribution des tâches liées à l’examen), ou du refus officiel de rehausser les indemnités, ou tout simplement de la gestion déficiente des affaires de l’Etat. Ce phénomène de l’absentéisme étant inconnu auparavant, on mesure là l’impopularité d’un régime qui brime la liberté d’expression et réprime sévèrement grèves et manifs.

De tout cela, il en résulte une anarchie dans le déroulement des examens qui atteste de l’incapacité globale du régime. Le concours des Douanes qu’on recommence ce jour n’est pas à l’abri de nouveaux imprévus…

A. R.

Commentaires   

0 #1 Jesse Austin 23-08-2016 08:17
Voila ce qui se passe lorsqu'on a affaire à des dirigeants qui ne font rien de concrets mais qui se contentent de blablater autour d'une table.

Beaucoup de paroles pour Zéro action, et ça aboutit logiquement à Zéro résultat.

Des conseils de ministres et de gouvernement qui se contentent de parler de la pluie et du beau, ça ne va rien donner du tout.


En tant qu'enseignant à l'INSCAE le président aurait pu apprendre qu'organisation ne se limite pas à la planification et que tout le reste se fera tout seul.
Tout ce que ces gouvernants projettent part en sucette et ce sera toujours le cas. Rien de ce qui a été promis n'est et ne sera réalisé.
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