Edito: Témoignage sur le Code…

Le député Razafitsiandraofa Jean Brunelle raconte le passage du projet de Code de la communication dans les dédales de l’Assemblée nationale : « J’ai suivi son parcours du début jusqu’à la fin. Le terme forcing est approprié. Car même les suggestions que nous avions avancées  lors des travaux de commission ont été écartées… ». Effectivement, on veut même faire croire que le projet de code a été conçu par les journalistes. En fait, le texte élaboré par les journalistes a été mis hors course et remplacé par la mouture montée par le régime. Notons que la version des journalistes est issue de plusieurs ateliers organisés par le Pnud (Programme des Nations Unies pour le  Développement). Bref dès le départ, le régime a pris le parti d’imposer son texte qui bâillonne la presse ou qui limite la liberté d’expression. Les amendements ou modifications ont donc été repoussées. Le pouvoir est parvenu à ses fins en faisant croire que le projet porte les aspirations des journalistes. Et en usant de machiavélisme, de mensonges et peut-être aussi de grosses liasses comme à son habitude. Le témoignage du député Razafitsiandraofa Jean Brunelle est probant sur la volonté du régime de faire triompher son texte stalinien à tout prix. Il s’agit là d’une pièce qu’on versera dans le dossier de l’histoire sur ce code liberticide.
Député du Mapar élu à Ikongo (ex-Fort Carnot), Razafitsiandraofa Jean Brunelle est un commissaire de Police de formation. Avant son entrée dans l’hémicycle, il fut le directeur de la Police de l’Air et des Frontières à l’aéroport d’Ivato. L’homme compte parmi les députés ayant rejoint la plate-forme qui milite pour le retour des Iles Eparses. Il a également intenté un procès contre la France, réclamant des dommages-intérêts suite aux bombardements des zones d’Ikongo et d’Ifanadiana par les avions français lors de la répression de l’insurrection de 1947. Le passage cité ci-dessus est tiré de son interview récente sur radio Ravinala, une station émettant à partir de Manakara.
A.R


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