Climat des affaires : Madagascar, un pays à éviter à tout prix !
Sauf peut-être pour les pseudo-investisseurs qui versent des pots-de-vin conséquents. Pour eux, le but est d’obtenir tel ou tel permis et d’exploiter les richesses du pays, souvent de manière frauduleuse et sans aucun respect des textes en vigueur. A part l’instabilité politique qui mine le régime actuel et ce, depuis son arrivée au pouvoir en 2014, d’autres faits claboussent maintenant l’image du pays. Et par ricochet, ils assombrissent le climat des affaires. Particulièrement pour le tourisme, le récent meurtre d’un couple français à Sainte-Marie va faire descendre la cote de cette île classée dans le top 5 des destinations romantiques mondiales selon le classement de la société Travelbird qui a publié le 27 juillet dernier le classement des prix des plages pour 900 plages réparties dans le monde entier. Ce meurtre rapporté par la presse nationale et internationale va porter un coup au secteur qui peine à remonter la pente après la crise de 2009 et la longue grève chez Air Madagascar en 2015. Avec un climat des affaires pourri notamment par la politique, les touristes tout comme les investisseurs risquent fort de voir ailleurs.
Par ailleurs, Madagascar fait ces derniers temps l’objet de reportages et d’analyses de journaux internationaux, notamment français, tels Le Figaro, Le Monde, Les Echos. Et ce n’est pas tellement pour vanter ses mérites. C’est surtout pour évoquer la totale indifférence des dirigeants malagasy envers les difficultés hallucinantes de leurs concitoyens, les misères, les malheurs et malédictions, ainsi que les problèmes et crises de certains secteurs comme les mines… Rapportés sur la scène mondiale, ces différents faits ne peuvent qu’assombrir le climat des affaires et décourager les investisseurs potentiels. En effet, ils reflètent la mauvaise gouvernance, la corruption généralisée, l’appauvrissement de la population qui débouche sur plusieurs problèmes… Citons l’impossibilité pour les investisseurs potentiels de compter sur des compétences qualifiées en nombre suffisant étant donné le manque de moyens des parents pour retenir leurs enfants assez longtemps à l’école. Il y a aussi la taille réduite du marché local faute de pouvoir d’achat élevé.
Ce problème oblige les investisseurs à ne viser que le marché de l’export. Ce n’est pas une mauvaise option. Mais dans la plupart des cas, les activités économiques contribuent plus au développement du pays si elles commencent à se tourner vers le marché local avant de viser le marché de l’export. Elles peuvent, en effet, stimuler la concurrence et la consommation intérieure, laquelle a un impact sur la croissance économique. Mais Madagascar est loin de développer un tel cercle vertueux. Pire, il pourrait quitter le classement des pays où il est bon d’investir, même dans des secteurs comme l’industrie extractive. Rappelons que dans le courant de cette année, la Grande Ile figure encore sur cette liste concernant le continent africain. Seulement, la donne risque fort de changer avec tous ces événements politiques et socioéconomiques. Rappelons, en passant, que pour le secteur du tourisme, l’Etat malagasy a diligenté promptement une enquête lors du meurtre de Français à Nosy-Be. Il fera probablement de même avec le cas de Sainte-Marie. En revanche, il ne bouge guère le petit doigt quand il s’agit des citoyens malagasy menacés et attaqués par les « dahalo ». Voilà pourquoi une chronique du journal Le Monde a parlé récemment de l’indifférence des dirigeants vis-à-vis des malheurs des Malagasy.
Fanjanarivo
Commentaires
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