Consommation de viande: Un maigre taux de 5 kg/habitant/an

C’est moins que la moitié de la moyenne en Afrique subsaharienne (13,3 kg selon les données de la FAO). Ainsi, la consommation de viande est très modeste à Madagascar. Certes au niveau international, elle est de moins en moins recommandée par des nutritionnistes pour des raisons de santé, mais l’élevage à Madagascar est encore spécifique, notamment pour les zébus. Ceux-ci sont essentiellement nourris avec du fourrage, contrairement à ce qui s’observe dans les pays développés où le cheptel est nourri avec de la provende et dont la croissance est boostée avec des hormones qui ont des impacts négatifs sur la santé humaine. Pire, la viande ainsi que les laits issus d’un tel cheptel sont accusés d’être à l’origine de nombreux cancers, notamment dans les pays du Nord. Sur la Grande Ile, la donne est différente : la viande n’est pas encore issue d’un élevage intensif nourri à la provende et aux hormones et elle a un goût délicieux. C’est la raison pour laquelle des Européens de passage à Madagascar en raffolent. Certains d’entre eux en emportaient clandestinement dans leurs bagages lorsqu’ils quittaient le pays car l’embargo européen contre les produits carnés de Madagascar a commencé en 1997 pour s’étaler sur plus d’une quinzaine d’années. 

Malgré tout, les Malagasy en mangent très peu faute d’un bon pouvoir d’achat.Pire, l’inflation risque de se situer à 7% cette année et de rogner encore plus ce maigre pouvoir d’achat. Certes, elle n’affiche pas deux chiffres comme sous Ravalomanana, mais elle demeure élevée pour 77% des foyers dont le revenu quotidien est inférieur à l’équivalent de 1,25 dollar ou 4 000 Ar. Cette forte proportion des ménages vit dans l’extrême pauvreté, d’après les récentes données onusiennes. Dans les années 70 pourtant, la consommation de viande a culminé à 30 kg/habitant/an. C’est clair que l’appauvrissement des ménages n’a cessé de progresser depuis. Il a des impacts sur l’alimentation et parmi les premières victimes, il y a les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées. Rappelons que les premiers 1 000 jours d’un enfant sont très importants en matière de nutrition, selon la Banque mondiale. Ces 1 000 jours commencent dès la conception. Les protéines dont la viande y jouent un rôle crucial.

Seulement, rares sont les ménages à avoir accès à des produits carnés. Le pays regorge de produits à la fois sources de protéines, de glucides et de nombreux oligo-éléments nécessaires pour l’alimentation. Citons les grains secs comme les haricots, les pois du Cap, les lentilles… Mais ils affichent également des prix élevés. Pour les lentilles, le « kapoaka » ou le contenu d’une boîte de lait concentré vaut 2 500 Ar, contre 800 Ar pour le haricot. Des produits comme le moringa ou « ananambo » ou encore l’algue microscopique appelée spiruline peuvent apporter beaucoup à l’alimentation de toute la famille. Mais là aussi, le gouvernement manque d’imagination ou demeure tout simplement indifférent face à ces opportunités pour l’alimentation des ménages. C’est plutôt des petits agents économiques (planteurs, transformateurs et commerçants) qui prennent des initiatives. L’application des normes sur ces différentes chaînes a besoin d’être encadrée par l’Etat. Ce dernier pourrait aussi imaginer des mesures d’accompagnement tant au niveau technique que financier ou encore fiscal. Mais rien de tout cela n’est en place.

Fanjanarivo 

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