Sefafi: Le régime ne supporte pas les critiques

L’Observatoire de la vie publique (SEFAFI) crie tout haut ce que les Malagasy pensent tout bas. Une vérité qui blesse le régime en place. Car depuis le 20 août, date de publication du dernier communiqué de cette organisation de la société civile, le régime, à travers les médias et les partis politiques qui le soutiennent, avance tous les arguments spécieux, possibles et imaginables pour mettre le SEFAFI en mauvaise posture. Ces médias et politiciens expliquent que cette organisation n’a pas à critiquer le régime mais à jouer le rassembleur, qu’il devrait proposer des solutions au lieu de jeter de l’huile sur le feu…

Ces supporters du pouvoir en place reconnaissent ainsi que le pays est plongé dans une crise socioéconomique et politique sans précédent. Toutefois, ils réfutent toute critique envers le régime. A ce rythme, si les textes d’application du code de la communication et de la loi sur la cybercriminalité ont été déjà sortis, il est fort probable que les membres du SEFAFI soient traduits devant la justice pour injure et diffamation envers les institutions publiques ! Concernant ce code liberticide, des supportes du régime avancent que quel que soit le nombre de députés ayant voté le projet de code de communication, le quorum a été atteint avant le vote. Par conséquent, le nombre de députés votants importe peu !

Si l’expression de la démocratie est mesurée avec cette approche, elle ne vaut pas grand-chose. Et c’est la réalité. Voilà pourquoi rares sont les Malagasy à opter pour la démocratie : ils sont 39% à préférer cette forme de gestion de l’Etat à toute autre option, d’après l’enquête 2015 de l’Afrobaromètre ou le réseau indépendant de chercheurs africains. C’est évident parce que la démocratie à la malagasy consiste à spolier les citoyens de leur pouvoir et en abuser pour servir l’intérêt des dirigeants, de leurs proches et amis. Sans cela, le pays n’aurait pas enregistré un fort taux de population (77% selon les statistiques onusiennes) obligés de vivoter dans l’extrême pauvreté.

En face pourtant, les dirigeants se vautrent dans le luxe (voyages et shoppings à l’étranger, voitures de luxe, vacances au bord de la mer alors que les enfants des pauvres ne savent pas ce que le terme « vacances » veut dire…) Devant une telle situation, la société civile en tant que balise et contre-pouvoir, a le droit et le devoir de réagir. Certes, les organisations de la société civile ne sont pas représentatives des citoyens, mais elles ont à jouer ce rôle.

Voilà pourquoi le SEFAFI n’a pas hésité à lancer : « Ils (c’est-à-dire les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire) véhiculent  chacun  un  même  déni  de  réalité,  un  même  mépris  de  la  loi,  une même  indifférence  aux  humains  et  un  même  degré  de  corruption,  tous  unanimement  dénoncés  à  l’intérieur  comme  à  l’extérieur  du  pays.  Ces  carences  proviennent de l’incapacité technique de certains, d’un manque d’honnêteté intellectuelle et de courage d’agir, et de mentalités et comportements pleins d’arrogance mais  profondément ancrés. C’est là que se trouve l’origine du  blocage auquel  le pays est confronté depuis des générations ».

    A titre de rappel, une récente chronique publiée dans le journal français « Le Monde » épouse la même position du SEFAFI. Elle avance que les Malagasy sont les oubliés de leurs dirigeants. Cette chronique fait référence à la montée de l’insécurité à laquelle aucune solution crédible n’est trouvée. Pareil pour la recrudescence de la corruption, l’appauvrissement de la population…

Fanjanarivo

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