Edito: Ce n’est plus comme avant !
La rentrée s’annonce morne, sans relief, cette année. Evidemment, la crise est passée par là, mais ce n’est pas une raison suffisante pour expliquer cette morosité ambiante. Quoi qu’il en soit, la rentrée n’est plus ce qu’elle était. Dans le passé, les parents préparaient avec joie et engouement cette période. Par contre, de nos jours, c’est l’incertitude qui prévaut dans les chaumières. Pire : l’angoisse, la tristesse se lit sur les visages.
Dans la capitale, par exemple, le coût des fournitures scolaires ne sont plus à la portée des bourses moyennes. D’après une récente enquête pour le compte d’une ONG européenne: les parents doivent aujourd’hui débourser au moins 115 000 ariary (le salaire d’un ouvrier) pour un enfant, dans l’achat des cahiers, livres, chaussures, cartable, tablier, diverses cotisations réclamées par l’école, etc. Dans les chefs-lieux de province, n’en parlons pas : c’est la misère totale pour les parents.
Parallèlement à ces dépenses, le plus gros souci des parents, est le sureffectif dans les classes (EPP, CEG, lycées). Sans oublier leur inquiétude quant à la capacité réelle des enseignants proposés par le FRAM (association des parents d’élèves), à éduquer, à former leurs progénitures.
La crise à venir ou dans l’immédiat : comment l’Etat va-t-il pouvoir « caser » les nouveaux bacheliers ? Alors que le ministère concerné projette la disparition prochaine des universités privées. Pourtant, Ankatso est désormais surpeuplée. Elle n’est plus adaptée à accueillir les milliers d’étudiants (cuvée 2016). D’ailleurs, cette université ne prépare pas les jeunes à entrer dans la vie active.
Ce dont le pays a grandement besoin : des instituts, des écoles ou des centres de formations professionnelles, notamment, dans l’objectif de créer leur propre emploi. Les jeunes ont, malheureusement, tendance, ces dernières années, à se diriger exclusivement vers des matières à but bureaucratique, comme la gestion, l’informatique et le droit… Actuellement, ça ne mène nulle part !
Il est, ainsi, urgent d’avoir une politique démographique cohérente. Ce qui n’est plus le cas. C’est intolérable ni acceptable, de voir une famille de cinq ou sept enfants (ce qui est fréquent), alors que le père est un petit cordonnier et la mère, femme de ménage…
Franck Raharison