L'enquête est en cours...
Le meurtre de deux français à l'île Sainte Marie a été abondamment commenté. Le ministre français des affaires étrangères a dit que les coupables doivent être arrêtés. Probablement que la justice français ou les officiers de police judiciaire français vont s'en mêler également, il s'agit quand même de décès de deux de leurs compatriotes. À Madagascar des gens meurent dans des attaques de taxi-brousse, lors d'attaques à main armées chez eux, parfois même en assistant à un spectacle gratuit le jour de la célébration de la fête nationale ou en accompagnant des parents vendeurs de soupe le jour de l'investiture de l'actuel Président de la République...invariablement la réponse aux questions et angoisses des malgaches est "l'enquête est en cours!". Est ce que les enquêtes ne donnent rien par incompétence? Est-ce que les enquêtes ne donnent rien parce qu'elles ne sont pas menées réellement? Est-ce que les enquêtes sont menées et donnent quelque chose mais le public n'est pas informé? Lorsque le Rova de Manjakamiadana brûle et qu'on ne sait exactement qui est derrière l'incendie ; lorsque les trafics de bois de rose continuent sans que des têtes ne tombent ; lorsque à l'aéroport d'Ivato sortent des tortues, de l'or et des devises non déclarées ; lorsque on fait beaucoup de tapage sur le village de la francophonie et qui parce qu'il ne sera pas prêt est transformé en village Voara. Lorsqu'il y a une succession d'incohérences et d'incompétences, on finit par comprendre que les étrangers préfèrent faire élucider les meurtres d'un des leurs par leurs propres services plutôt que d'attendre et d'entendre le classique " l'enquête est en cours!". C'est probablement la raison pour laquelle lorsque des malgaches meurent en dehors du pays, les autorités malgaches ne s'empressent pas à vouloir envoyer les services ou l'expertise des malgaches car la-bas il est inconcevable d'entendre " l'enquête est en cours!" sans aucune autre information donnée au public : le parquet anti-terroriste de Paris est la preuve vivante que l'on ne peut pas se contenter du " l'enquête est en cours!" et que le public a droit à l'information.
Anais T.