A cause de l’envolée des prix: Les vols de vanille se multiplient

Cette année la campagne de collectes des gousses  de vanille a pris un essor très inattendu. Bien avant l’ouverture officielle du commerce de ce produit vedette du littoral oriental de Madagascar, les manœuvres plus ou moins illégales avaient marqué le déroulement des achats en pleine brousse hors des marchés habituels.

Certains riches personnages se livraient à des filouteries scandaleuses qui lèsent énormément les intérêts des paysans planteurs. Profitant de leur réputation d’hommes d’affaires connus pour leur fortune et leurs relations en haut-lieu jusque dans les coulisses du gouvernement, du Sénat ou de l’Assemblée et même parmi les juges de certaines juridictions. Ces messieurs peu recommandables ou leurs hommes de main débarquent dans les  villages pour acheter les produits tant enviés en trompant les producteurs avec des belles promesses et ne paient qu’une partie symbolique de la quantité livrée. Puis ils disparaissent sans laisser de traces. Si parfois à force de persévérance, les paysans ainsi spoliés arrivent à les retrouver pour réclamer les sommes qu’ils leur devaient, les voleurs concernés les terrorisent en menaçant de les envoyer purement et simplement en prison parce qu’ils seraient très écoutés auprès des tribunaux. Rares sont les victimes qui arrivent à récupérer les prix de leurs dures labeurs. Et les larrons restent impunis Il y a aussi une autre  version en matière de délit à propos du commerce de la vanille. Entre paysans, les gens se volent entre eux. Pendant que les propriétaires des plantations de vanille seraient occupés  ailleurs ou absents de leur lieu de résidence. Les voleurs se livrent pratiquement à la cueillette des gousses de vanille qui ne leur appartiennent pas  du tout. Par sacs entiers, les plants de vanille sont embarqués et entreposés dans des endroits discrets où par la suite, les malfaiteurs s’arrangent pour livrer à des collecteurs pas très honnêtes. C’est avec un cas pareil que qu’une dame domiciliée à Antafiambe dans le District de  Vohémar a été accusée  pour vol de lianes de vanille et conduite par les gendarmes d’Ampanefena  devant le Tribunal de 1ère Instance d’Antalaha. Malgré les charges, les preuves accablantes et les dénégations mal fondée de la  suspecte, l’affaire n’a pas eu de suite devant les juges. Le comble c’est qu’au lieu de se tenir tranquille l’accusée a osé se vanter que c’est grâce à la médiation  d’un certain Alfred,  domicilié à Antafiabe, Fokotany dudit, Commune Rurale d’Antsirabe-Nord que ni elle ni le plaignant n’ont été entendus. Détail suffisamment frustrant pour inciter n’importe quel justiciable à soupçonner qu’il y aurait eu déni de justice pour ne pas  dire plus

N. Razafilahy