Hery Rajaonarimampianina: Même réaction que les « renversés »

Augmentation en nombre de ceux qui réclament le départ du président Hery Rajaonarimampianina. Ainsi lundi, deux entités ou personnalités silencieuses jusqu’ici se sont manifestées. En premier lieu, Me Willy Razafinjatovo dit Olala, avocat « des veuves et des orphelins » et meneur du grand mouvement estudiantin de 1972. Selon lui, le chef de l’Etat devrait méditer sur ses promesses électorales et si celles-ci n’ont pas été réalisées, « il a le devoir de démissionner ». En second lieu l’Akfm, l’un des plus vieux partis politiques de l’île car né sous la colonisation. D’après Eric Rakotomanga, secrétaire général, si table ronde il y aura, elle devrait porter sur la manière avec laquelle ce régime va cesser ses activités. Sous des formulations diverses, plus ou moins énergiques, des groupements ou personnalités continuent d’appeler Hery Rajaonarimampianina à quitter le pouvoir. De retour lundi du Kenya, le chef de l’Etat a donné la réplique à ceux qui sollicitent sa démission, notamment à la plate-forme la plus voyante qui est Mitsangana Ry Malagasy (Debout les Malgaches). Voici en gros les propos présidentiels : « Ne trompez pas les Malgaches. Vous ne formez qu’un petit nombre et on peut vous compter avec les doigts de la main. Nous, cela fait trois ans qu’on s’est mis debout et vous, c’est seulement maintenant que vous vous réveillez. D’ailleurs vous vous êtes portés candidats aux récentes élections et on a pu mesurer votre audience. Comparez les suffrages et voyez qui devrait démissionner… ».

Bref, le chef de l’Etat ne fait pas montre de beaucoup d’imagination et réagit comme les précédents chefs d’Etat renversés dans les mêmes circonstances. En premier lieu, l’homme manifeste du mépris pour ses adversaires et réduit intentionnellement leur nombre. En second lieu, il a recours à l’ironie, et ridiculise ceux d’en face qui selon lui paressent au lit et tardent à se réveiller. En dernier lieu, il fanfaronne et étale une force qu’il n’a peut-être pas, notamment les suffrages obtenus aux élections. Notons que Hery Rajaonarimampianina s’est classé second au premier tour de l’élection présidentielle. Il n’a pris le dessus au second tour que grâce au puissant apport d’Andry Rajoelina et de certains de ses actuels adversaires. Si les élections étaient recommencées maintenant, dépouillé des voix de ses alliés, Hery Rajaonarimampianina ne ferait certainement qu’une piètre prestation. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains réclament une élection présidentielle anticipée, car privé des reports de voix de 2013, l’actuel chef de l’Etat serait bien en peine d’atteindre les 50%.

Les précédents chefs d’Etat renversés ont aussi joué aux bravaches, face à la montée des revendications. Ainsi en 1972, le président Philibert Tsiranana, alors en traitement aux sources thermales de Ranomafana (province de Fianarantsoa), a commenté ainsi les graves évènements de la Place du 13 Mai : «Tsak…tsak… cent …mille ». C’est-à-dire que des rafales coucheraient facilement cent ou mille émeutiers, lesquels avaient donc intérêt à se tenir tranquille. En 1991, face aux manifestants de la Place du 13 Mai qui défilaient autour de l’avenue pour faire tomber la « muraille de Jéricho » (c’est-à-dire le régime révolutionnaire), l’amiral Didier Ratsiraka a riposté ainsi : « Vous pouvez en faire cent fois le tour, je ne démissionnerai pas ! ». En proie aux mêmes menées en 2009, Marc Ravalomanana, fort d’une Armée qu’il venait de rééquiper, a tonné ainsi : « Mesurez d’abord vos propres forces avant de tâter les miennes » ! ». Après avoir crâné et lancé des sarcasmes (à la radio) contre les manifestants, tous sont tombés sans gloire, même s’ils se sont agrippés avec la dernière énergie à leur fauteuil. Bref, comme nul ne sait de quoi demain sera fait, on a intérêt à mettre de la retenue dans ses paroles et à ne pas vanter sa puissance. Car l’Histoire retient certains petits mots malheureux…

A.R

Commentaires   

0 #2 Ando 01-09-2016 12:31
Citation en provenance du commentaire précédent de Jesse Austin :
On lui permet de sortir par la grande porte, mais libre à lui de finir comme Allende, Kadhafi ou Saddam Hussein.


Allende est un example inapproprie*
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0 #1 Jesse Austin 01-09-2016 09:47
On lui permet de sortir par la grande porte, mais libre à lui de finir comme Allende, Kadhafi ou Saddam Hussein.
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