Crédit à l’économie: Une évolution trop timide pour relancer l’économie

3 800 milliards Ar par mois pour les 5 premiers mois de l’année 2016, les crédits alloués par les systèmes financiers et bancaires à l’économie évoluent peu. En effet, cette moyenne pour la même période en 2015 a été de 3 343 milliards Ar, contre 2 859,4 milliards Ar en 2014. Ces données tirées des statistiques de la Banque centrale témoignent d’une économie morose, voire en panne. Notons d’ailleurs que le secteur informel qui domine le paysage économique bénéficie à peine des crédits alloués par le système bancaire. Les établissements formels ont également beaucoup de mal à avoir accès au financement. Ce problème figure dans le top 10 des facteurs limitant la production des entreprises formelles, selon le dernier Tableau de bord de l’économie (TBE) de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Le climat des affaires explique cette évolution modeste des crédits à l’économie. Il est peu engageant car marqué par la montée de l’insécurité, l’insuffisance de la demande, un coût élevé de l’énergie, une pression fiscale trop élevée, le difficile accè au financement, etc.

L’instabilité politique vient s’ajouter à cette montagne de problèmes. Ce qui signifie que la relance de l’économie semble n’être qu’une illusion. La croissance devrait atteindre 4,1% cette année, contre une prévision initiale de 4,5%. Au rythme où vont les choses, cette prévision corrigée sera-t-elle atteinte ? Il faudra attendre pour voir. En attendant, la moyenne dans les Etats subsahariens fragiles comme Madagascar devrait se situer à 4,2% d’après la prévision du FMI. La Grande Ile ne devrait donc pas trop s’éloigner de cette moyenne. Il faut touefois souligner que le secteur primaire qui concentre le plus de propulation active, n’affichera qu’un taux de croissance de 2,2% cette année, contre 4,9% pour le secteur secondaire et 4,8% pour le tertiaire. Si l’on revient sur l’évolution des crédits à l’économie, elle peut être analysée par rapport à la création d’établissements formels. Celle-ci enregistre un fort recul de -25,6% au 1er semestre 2016, suivant le TBE. Autrement dit, le paysage économique compte peu de nouvelles entreprises à même d’emprunter auprès des banques et des établissements financiers.

Ce problème porte notamment sur les sociétés anonymes dont le recul en termes de création de nouveaux établissements est le plus important au 1er semestre, soit -41%, contre -21% pour les sociétés à responsabilités limitées et -25,5% pour les entreprises individuelles. Rares sont pourtant les entreprises individuelles et surtout les nouvelles à avoir recours aux banques. Elles présentent d’ailleurs trop de risques pour ces dernières. Une partie d’entre elles s’adresse aux institutions de microfinance sans pour autant trouver les voies et moyens pour développer leurs activités. En réalité, elles font face, comme toutes les autres entreprises, à un climat des affaires de plus en plus difficile. Pire, elles sont les premières à souffrir de cet environnement malsain car elles n’ont pas les reins solides pour y faire face, contrairement aux grandes et moyennes entreprises.

Fanjanarivo

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