Madagascar n’a pas d’autres choix: Soit le modèle gabonais ou la solution égyptienne…

Après ces déclarations fracassantes de Hery Rajaonarimampianina en réponse aux sollicitations de la société civile et les revendications des acteurs politiques qui ne veulent plus de cette équipe « inefficace » qui prétend diriger cette 4ème République, les analystes et les observateurs se posent tous la question de savoir à quelle sauce le peuple malgache va être mangé par les profiteurs de tous bords ?

Les réalités préoccupantes du contexte de la politique locale étant ce qu’elles sont avec les dérives institutionnelles, l’exercice abusif  des prérogatives étatiques, les récriminations et les critiques des détracteurs du régime sont accueillies avec des oreilles attentives de la part d’une population excédée et totalement indignée par autant de dédain et d’indifférence à l’endroit des administrés.  La détresse au quotidien est telle que les évènements qui marquent les évolutions des rapports de force dans la vie nationale des autres pays  interpellent inévitablement l’opinion. Au Gabon, à la suite de la publication des résultats de l’élection présidentielle le pays sombre dans la violence et les affrontements. A Madagascar, sur les trottoirs, dans les rédactions  et les salons, les conversations tournent aussitôt autour du devenir la  nation avec un accent d’irritation que personne ne dissimule plus. Les plus optimistes craignent de voir le pays suivre, inexorablement à la longue, cette voie qui plonge actuellement les Gabonais dans le drame des affrontements fratricides. Pour une consultation électorale que tout le monde souhaitait « libre et transparente», même s’il rejette « la responsabilité de la situation sur l'opposition », le successeur  d’Omar Bongo va devoir faire face à un climat de trouble et un « risque d’embrasement »  né des réactions hostiles post-électorales d’une partie de la  population. Il ne s’agit pas uniquement d’une simple contestation des résultats publiés par la Commission électorale (Cenap), mais de la condamnation populaire de l’exercice du mandat précédent d’Ali Bongo avec les engagements  qu’il n’a pas respecté vis-à-vis du peuple gabonais. Le choix des électeurs en votant massivement pour Jean Ping démontre bien qu’il y avait eu une vote-sanction afin de mettre fin au règne de la dynastie Bongo qui a trop duré dans le despotisme et la forfanterie en profitant outrageusement des retombées des mannes pétrolières qui ont conduit aux accusations sur les « biens mal acquis ».

Toutes proportions gardées à quelques détails près, ce qui déroule sous les yeux de la population  à Madagascar donne une idée des détails des situations socio-économiques qui ont servi de préalables et de détonateurs aux troubles qui agitent actuellement le Gabon.  Si l’actuel président de la République ne réagit pas très vite pour y remédier jusqu’à l’échéance de 2018, notre île pourrait très bien tomber dans la configuration préélectorale qui a fini par aboutir au drame actuel. L’obstination dont il fait preuve face à la contestation légitime de l’opinion traduite par une opposition agissant en ordre  dispersé il faut le reconnaître, l’obstination et l’entêtement de Hery Rajaonarimampianina à sous-estimer ses contradicteurs sont très mal placés. A force de minimiser la gravité de cette mauvaise gouvernance ambiante, il ne fait que s’enfoncer davantage dans une confiscation aveugle du pouvoir avec tous les risques que pourraient entraîner son attitude de défiance.

Il se pourrait que par la force des choses, le  régime actuel et le  parti présidentiel HVM arrivent à  tenir jusqu’après les prochaines élections présidentielles, avec ingérences exogènes, les tendances au recours traditionnel  à des fraudes auxquelles pourraient s’ajouter la partialité des autorités et  institutions de  contrôles de résultats, alors la boucle sera bouclée. On aura droit  à un remake de ce qui se passe actuellement au Gabon. Il ne restera plus alors qu’à s’attendre à un scénario de type égyptien. Puisse le ciel nous venir en aide et que les nuits portent  conseil à nos dirigeants et qu’on n’ait pas à endurer de tels cauchemars et que se réalisent enfin les vœux de notre hymne national pour qu’on vive par la grâce de Dieu : «  Sur cette île de nos ancêtres, Pour être dans la paix et la joie, Nous serons vraiment heureux »…

N. Razafilahy

Ajouter un Commentaire