Concours et rackets: C’est l’actuelle mauvaise gouvernance

 Les « quotas » qui seraient attribués à des hauts responsables étatiques dans de nombreux concours administratifs ainsi que les rackets d’entreprises publiques ne devraient être que des pratiques de personnes haut placées. Ce serait la raison pour laquelle des concours ont dernièrement connu des soubresauts dans leur organisation. La raison en est que des hauts responsables politiques et/ou leurs proches auraient imposé leur propre et important quota d’admis bien avant le début des concours. Que ces derniers soient compétents ou non, là n’est pas la question. Celle-ci se pose au niveau du montant à verser à ces gens-là. Et selon les rumeurs, ledit montant serait astronomique car s’élèverait par plusieurs millions d’ariary. Les candidats pauvres mais compétents n’ont donc aucune chance de réussir ces concours.

Quoi qu’il en soit, les rumeurs enflent et pourraient avoir quelques fondements. A titre de rappel, la corruption dans les concours administratifs est devenue une mauvaise et vieille tradition depuis longtemps déjà. Voilà pourquoi les organisateurs ont une convention de partenariat avec le Bureau indépendant anticorruption (Bianco). Mais cette astuce ne permet pas d’endiguer le problème.

Pire, les pots-de-vin exigés non plus seulement exigés par des organisateurs de concours mais également par des proches de hauts responsables politiques, tendent à augmenter alors que le revenu par habitant prend le chemin contraire. Il s’agit donc ni plus ni moins de pénaliser les pauvres dont certains peuvent avoir la compétence pour réussir un concours. Il s’agit aussi d’inoculer dans l’esprit des candidats riches l’idée de pérenniser le système de la corruption. Car une fois installés à leurs postes, les admis pistonnés seront tentés de rentabiliser par des pratiques louches dont la corruption ce qu’ils ont versé comme dessous-de-table. La corruption n’est donc pas près d’être maîtrisée. Rappelons qu’au cours du 1er semestre 2016, Transparency international a parlé d’une situation alarmante concernant la molle lutte contre la corruption à Madagascar. Ladite situation ne peut qu’entraîner le pays vers une paupérisation encore plus critique. En effet, de nombreux admis aux concours administratifs censés assumer des responsabilités, n’ont pas la capacité exigée par leurs postes. Ils ne peuvent qu’être improductifs, voire inutiles. Et c’est une perte à dimension multiple pour l’Etat employeur ainsi que pour les contribuables qui paient leurs salaires.

Concernant les rackets, ils se déclinent sous différentes formes. L’une consiste à rançonner tout bonnement des grands trafiquants de ressources naturelles. Les racketteurs et racketteuses proviendraient du monde politique. Cet argent facile aurait même créé de la zizanie entre deux dames de la haute sphère politique et conduit le mari de l’une d’entre elles à quitter un poste de haute responsabilité. Une autre forme de racket aurait également fait jour dernièrement. Elle consisterait à réclamer des dizaines de millions d’ariary par mois à des personnes intéressées à occuper un poste à responsabilités au sein d’une entreprise publique d’envergure, d’un ministère, d’une institution publique... D’aucuns savent toutefois que particulièrement pour les entreprises publiques, elles sont, pour la plupart, en crise. Réclamer des détournements de leurs caisses des dizaines de millions d’ariary par mois, ne pourrait donc que les enfoncer un peu plus dans la crise.           

Recueillis par Fanjanarivo

Commentaires   

0 #1 Jesse Austin 03-09-2016 06:45
Tout est dit dans cet article. Toutes ces pratiques sont scandaleuses, mais elles sont si ancrées dans les coutumes qu'elles sont dorénavant inscrites dans l'ADN des Malgasy. Et le président ne peut rien dire parce qu'il est l'initiateur de ces rackets, abus et corruptions en tout genre.
Dans tous les cas, on remercie la GAzette de la Grande Ile qui dit toujours tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
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