Le pouvoir fait la sourde oreille: L’opposition persiste et signe

A propos de la situation politique nationale en général et de la conjoncture actuelle en particulier après le refus catégorique de Hery Rajaonarimampianina de chercher un terrain d’entente sur la solution à adopter pour éviter le clash, il n’est plus question de  dialogue de sourds. La coalition des partis et entités ont décidé de passer à la vitesse supérieure pour amener le pouvoir à faire preuve d’un peu plus de réalisme salutaire pour le pays.

Arrivé à réunir tout ce que Babay et Lohavohitra comptent de contestataires afin de dissuader les dirigeants de s’entêter dans la voie du despotisme, même s’il ne s’agit pour le moment que d’une dictature molle mais franchement  réactionnaire et très liberticide, il faut reconnaître que les meneurs du mouvement peuvent se féliciter d’avoir réussi un coup de maître. Le rassemblement des citoyens pour la Refondation Nationale en investissant la grande salle de Solimotel montre clairement qu’il n’y a plus lieu de traînasser dans des débats stériles ou des valses hésitations. L’adhésion des militants (du DFP de Doudou et consorts, du MRM de Rabetsaroana renforcé par Hajo et le  parti MMM, les grosses pointures du MAPAR, le RMTF, l’APRN soutenu par le parti TAMBATRA de Pety, me GPPO, le groupement des habitants de Soamahamanina, le CRN et l’ACS) sert et devient de facto l’ossature d’une opposition qui a trouvé hier les repères et la détermination qui faisaient défaut depuis.

Le communiqué  conjoint livré à la presse malgré son contenu hermétique dévoile  finalement une véritable volonté politique jusqu’au boutiste. Le pays et les habitants ont suffisamment enduré des frasques d’un système ploutocratique d’amateurs qui refusent de tenir compte de la dégradation de vie nationale. L’unanimité a pris corps autour de l’objectif commun qui consiste à œuvrer ensemble pour atteindre une refondation nationale avec des démarches  réalistes. Les parties prenantes sont tous convaincues que le moment est venu d’arrêter de polémiquer sur un passé que les hommes actuellement utilisent pour déstabiliser et casser la cohésion des indignés venus de tous les horizons. Le mouvement qui démarre ainsi ne risque pas de tomber dans les pièges de la division parce qu’ils savent tous très bien le rôle et les errements de celui qui était le ministre des Finances et du Budget d’une Transition qui, sans son aval tacite n’aurait pas pu succomber aux tentations de la corruption de tous les trafiquants d’or, de bois de rose et de minerais précieux. Devenu le premier président de la 4ème République  il semble oublier que les frasques et dérives financières de cette époque porte sa signature en tant que ministre de tutelle (affaire BNI avec limogeage d’Orlando, les utilisations abusives par le favoritisme suspect de la Trésorerie de la Caisse d’Epargne et les liquidations de grosses factures de complaisance…) «Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre, » disait Winston Churchill. Pour ce prestigieux personnage de la lutte contre la dictature, le seul conseil valable est : «N'abandonnez jamais. Jamais. Jamais.» Les mauvais souvenirs de l’Age d’or des biens mal acquis sont suffisamment motivant pour inciter cette opposition en devenir pour continuer à aller de l’avant jusqu’à la victoire finale, pour que « notre Madagascar devienne un pays heureux ». Le passage du président à Ranohira est un pas de plus vers le mieux-être quand il « a annoncé la distribution prochaine des kits scolaires afin de contribuer à alléger les charges des parents, ainsi que la dotation d’émetteurs pour la radio et la télévision publiques à Ranohira pour que la population soit au fait de l’actualité car c’est son droit. Tout ne se fera pas du jour au lendemain, a conclu le Chef de l’Etat, mais nous relevons les défis du développement par la force du travail et le patriotisme. » 

N. Razafilahy

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