Communauté internationale: Pour l’appauvrissement des Malagasy !
P rès de 8 Malagasy sur 10 sont plongés dans l’extrême pauvreté. Le chiffre est des Nations unies, l’organisation qui refute la tenue d’élections préidentielles anticipées. Tous les jours pourtant, 77% des Malagasy doivent se serrer la ceinture et se contenter d’un ou de deux repas légers par jour, se résigner à ne pas aller chez le médecin s’ils tombent malades faute d’argent et à ne pas envoyer leurs enfants à l’école… Et bien évidemment, parler d’un logement décent est de la pure illusion pour cette forte cohorte de la population dont certains doivent élire domicile dans la rue. Malgré cette paupérisation plus que critique, l’ONU et l’Union africaine ont opposé un refus catégorique à la proposition de l’opposition d’organiser des élections présidentielles anticipées. Autrement dit, elles cautionnent la gouvernance des dirigeants actuels, la pire que Madagascar n’ait jamais connu depuis l’indépendance. Cette mauvaise gouvernance se reflète dans la progression rapide de la pauvreté car en 2012, l’Enquête nationale de suivi des Objectifs du millénaire pour le développement (ENSOMD) a indiqué un taux d’extrême pauvreté de 54%.
En seulement 4 ans donc, 23% des Malagasy ont basculé dans cette situation. Et sur cette période, les deux dernières années sont à mettre sur le compte du régime Rajaonarimampianina. Il faut aussi y ajouter la grande avancée de la corrpution dénoncée par de nombreuses organisations dont le FMI, la montée de l’insécurité, la dégradation des infrastructures… Rappelons que du temps où Roland Ratsiraka était ministre des Travaux publics sous le régime actuel, il était question de l’opération « zéro nid-de-poule » sur les routes nationales les plus fréquentées (RN2, RN7, RN4, etc.) Mais il suffit de prendre, par exemple, la RN7 pour constater de nombreux nids-de-poule. Pire, ils ont tendance à augmenter en nombre et en dimension, alors que des pans de chaussée ont complètement disparu. Que font les dirigeants face à tous ces problèmes ? Pas grand-chose. On dirait qu’ils se contentent de traiter les affaires courantes, comme s’ils sont encore dans une période de transition. Le Plan national de développement (PND) qu’ils ont élaboré en deux temps, trois mouvements, est resté lettre morte. Il est rare que les dirigeants en fassent mention.
D’ailleurs, ce document n’annonce pas des solutions innovantes et efficaces contre la pauvreté et contre l’appauvrissement des Malagasy. Il fait longuement les rétrospectives des échecs des pouvoirs succesifs depuis les années 70. C’est pour mieux faire savoir que le régime actuel hérite des mauvais choix économiques et de la mauvaise gouvernance précédents. Soit. Mais il a le devoir d’y remédier et de ne pas s’abriter derrière les échecs d’avant. Ayant dépassé le mi-mandat et sans avoir apporté un quelconque changement positif, les dirigeants excellent, par contre, dans l’inertie, la non-maîtrise et parfois pour certains d’entre eux, dans l’implication dans des affaires louches, la corruption à haut vol chiffrée par dizaine, voire par centaine de milliards d’ariary…
Afin de respecter le sacro-saint calendrier électoral, la communauté internationale, à travers l’ONU et l’Union africaine, cautionnent les actes du régime actuel. Par la même occasion, elles préfèrent voir les Malagasy s’appauvrir encore plus.
Ces fonctionnaires internationaux se vautrent trop dans le luxe pour voir que dans quatre régions du pays, les gens sont obligés de manger du tamarin cuit dans de l’argile, des cactus, du riz ou du manioc en très petite quantité mais arrosés de beaucoup d’eau.
Fanjanarivo