Activités du secteur extractif: Les OSC devront faire face à des défis
La présence du secteur minier n’est pas récente à Madagascar mais l’exploitation à échelle industrielle a largement modifié l’impact de ce secteur sur les dynamiques politiques, les perspectives économiques, le tissu social, les communes riveraines et sur l’environnement. La société civile et les communautés locales malgaches sont désormais confrontées à de nouvelles problématiques, tant sur le plan de la gestion des perceptions et des attentes de la population locale face à ce nouvel acteur économique « surdimensionné », que sur le plan social avec le phénomène de migration, de l’inflation des prix alimentaires et immobiliers, de la gestion des questions foncières et du déplacement de la population, du conflit avec les traditions et de l’aggravation de la pauvreté et de la paupérisation de la population locale.
Plus, et selon les informations publiées dans « Secteur extractif à Madagascar : quel appui à la société civile ? Isabelle Ramdoo et Aimée Randrianarisoa European Centre for Development Policy Management », il est fait état, surtout, que la société civile est aussi confrontée aux problématiques liées à l’impact des exploitations minières sur l’écosystème malgache, réputé pour être l’un des plus riches et diversifiés du monde.
Pour cela, d’après les mêmes données, il est indiqué que les acteurs de la société civile doivent se doter de capacités afin d’agir en vue de plaider à ce qu’il y ait un véritable débat public pour une meilleure transparence dans le processus d’octroi de permis et dans les contrats miniers. L’accès à l’information est crucial pour mieux comprendre les raisons ayant conduit au choix d’une activité extractive pour ensuite être en mesure de faire part des préoccupations des riverains et de faire valoir les attentes de ces derniers auprès des sociétés minières. Ainsi, avant même le début des exploitations, l’instauration d’un mécanisme de dialogue permanent entre la société civile et la société minière d’une part, et entre la société civile et les autorités locales et gouvernementales d’autre part, permettrait d’éviter les attentes irréalistes et à terme, les tensions avec de la population locale. Dans ce sens, note-t-on, il s’agit aussi de veiller au respect des engagements et des droits des différents acteurs, ainsi que les obligations en matière de protection de l’environnement, de création d’emploi et d’investissement au niveau local. Les organisations de la société civile (OSC) doivent faire en sorte que la population et les communautés locales soient mieux informées sur les tenants et aboutissants des activités du secteur extractif étant donné que la capacité des riverains à comprendre la complexité des opérations extractives et leurs éventuels impacts sur les collectivités reste souvent limitée. La même source mentionne, également, qu’il est important de veiller à l’efficacité de l’administration pour que celle-ci puisse garantir une bonne gestion des retombées financières et pour éviter les risques de corruption. Malgré la présence d’institutions ou d’initiatives internationales tels que l’ITIE (initiative de transparence des industries extractives) ou la plateforme PWYP (Publish What You Pay) dans l’espace multi-acteurs, les OSC locales ont certainement un rôle important à jouer dans afin de s’assurer que des actes et des projets concrets au bénéfice des populations riveraines suivent les promesses et qu’il y ait une redevabilité quant aux chiffres avancés par les rapports et analyses. Ce suivi dans l’action n’est pas toujours assuré. Plaider pour un investissement durable des revenus dans les projets sociaux et économiques notamment de la part des acteurs publics. Compte tenu du caractère non-renouvelable des ressources extractives, les investissements prioritaires devraient être conçus d’une manière plus stratégique dans le but de répondre aux besoins prioritaires de la population, notamment dans le domaine de la santé publique, de l’éducation, de la sécurité alimentaire ou encore d’amélioration du niveau de vie ; et de stimuler les leviers économiques autour du secteur extractif pour générer de l’emploi et pour créer des liens avec d’autres secteurs économiques dans le but de consolider, de diversifier et de renforcer les activités économiques dans la région tout en tenant compte des dimensions socioculturelles et environnementales.
Ainsi, pour Isabelle Ramdoo et Aimée Randrianarisoa les OSC devront faire face à des défis et des enjeux de taille, ce qui nécessite une meilleure organisation et structuration entre OSC, une meilleure interaction avec les autres acteurs à différents niveaux, un réel engagement, à tous les niveaux, et de fortes capacités de mobilisation et de plaidoyer.