Election présidentielle anticipée ou pas: Un mandat de trop ...
Il faut reconnaître qu’un mandat de quatre ans ne suffit pas. Ne serait-ce que pour honorer un centième de toutes ces promesses présidentielles formulées de manière solennelle pour séduire une population tout juste sortie d’une série de crises aussi harassantes qu’éprouvantes. Elle qui ne demandait qu’à sortir des affres de la paupérisation de la mauvaise gouvernance et n’aspirait légitimement qu’à vivre mieux avec les retombées des fabuleuses ressources de ce pays.
Plus de deux ans après le constat prétentieusement utopique pour affirmer que « 2013 s’est terminé sur un magnifique espoir pour l’ensemble du peuple malgache : une élection démocratique a mis fin à un cycle de crise. Cette année sera celle de notre renouveau collectif, sous l’emblème de la Force nouvelle qui vient de s’insuffler à Madagascar », malheureusement pour les habitants, ils en sont encore à espérer un renouveau illusoire plus radieux. Il ne peut en être autrement, parce qu’au lieu de «relever le défi auquel nous sommes confrontés», Hery Rajaonarimampianina s’est pratiquement fourvoyé dans les dédales des dérives institutionnelles incroyables. Comme si la faute politique très grave de n’avoir pas respecté la parole donnée (?) après le soutien providentiel d’Andry Rajoelina et des électeurs potentiels du groupement MAPAR ne suffisait pas, le fondateur d’un mythique parti présidentiel met les pieds dans les plats constitutionnels. Coup sur coup, l’ancien ministre des Finances et du Budget d’une Transition, dominée par les compromissions financières et fiscales des braderies des patrimoines étatiques, des ressources naturelles et surtout de l’or et des bois de rose, passe à l’abordage du Bureau Permanent de l’Assemblée Nationale et installe qui il veut à Mahazoarivo. Le premier magistrat de la République ne fait qu’à sa tête sans aucun respect pour la loi fondamentale. Ce qui lui vaut de passer en Cour Constitutionnelle. Et le chef d’un exécutif qui n’avait réussi à faire élire aucun député n’a échappé de justesse à une procédure de déchéance face à la requête soutenue par une majorité de parlementaires, dépassant de la majorité requise, que grâce à l’astuce d’un juridisme partisan d’un pacte de responsabilité tiré d’on ne sait où ? Rien d’étonnant, quand il est de notoriété publique qu’une majeure partie de hauts magistrats d’Ambohidahy ne peut rien refuser à président à qui ils doivent reconnaissance et gratitude pour des raisons inavouées et inavouables.
En toute honnêteté, personne ne peut accuser ce régime de n’avoir rien fait de concret pour les contribuables. Mais là où le bât blesse, c’est lorsqu’on réalise que les multiples inaugurations effectuées en grandes pompes aux quatre coins de l’île ne sont que des trompe-l’œil de la politique politicienne destinée à appâter l’opinion en direction de visés électorales précises. Les interventions humanitaires tapageuses médiatisées à outrance au profit de tels ou tels groupes sociaux entre toutes dans le cadre d’une campagne de propagande électorale avant l’heure au profit d’un président-candidat qui ne le dit pas encore…Le plus scandaleux, c’est de constater que les affamés de l’Androy lointain et les gueux, les sans-logis et tous les déshérités d’une mauvaise gouvernance cynique passent pour les derniers des soucis d’un système plutôt pressé de passer à la deuxième phase d’une confiscation du pouvoir par une minorité de rapaces. Le confort de tout un chacun aurait été plus vivable et même radieux si l’équipe en place avait réellement favorisé pour leurs compatriotes des «conditions de vie s’améliorer pour, enfin, croire dans son futur». Contrairement aux engagements qu’ils se sont fixés, tout le pays se trouve sous le règne d’un despotisme au profit des intérêts égoïstes des dirigeants en place, grandes fortunes des biens mal acquis et des étrangers qui ont participé à leur arrivée au pouvoir. Ce qui prouve une fois de plus que l’élection d’un homme nouveau à la tête de l’Etat est loin d’être la panacée magique pour nous tirer de la malédiction héritée de l’éviction troublante d’un Philibert Tsiranana, de l’assassinat de Ratsimandrava, de la conjuration contre Didier Ratsiraka, de l’installation insurrectionnelle de Marc Ravalomanana, du sacrifice des tués de 7 Février 2009 et de l’avènement d’un président favorisé par le «ni, ni.. » calculé d’une Feuille de route vicieuse. Si c’est tout simplement pour offrir le «bien commun » de notre chère patrie sur un plateau d’argent à «un régime inefficace » ou à des opportunistes avides et cupides dont «leur but soit de conquérir le pouvoir en vue de partager des postes pour en tirer profit. »
N. Razafilahy