Juliette Ratsimandrava: Décédée hier
Nous avons appris hier une bien triste nouvelle : le décès de Juliette Ratsimandrava, présidente de la section Lettres et Arts à l’Académie malgache et sœur du colonel Richard Ratsimandrava, chef d’Etat et chef de gouvernement assassiné en février 1975. Elle laissera surtout le souvenir d’une ardente militante de la promotion de la langue malgache. Elle a d’ailleurs fondé et animé divers cercles et associations visant à revitaliser la langue et la civilisation malgaches, le plus connu étant Afaka. Juliette Ratsimandrava a d’autre part publié plusieurs ouvrages de vulgarisation linguistique, et a coordonné l’élaboration d’un dictionnaire encyclopédique de la langue malgache. Au plan officiel, elle fut la conservatrice de la Bibliothèque Nationale d’Ampefiloha, au moment de la mise en service de ce nouveau bâtiment en 1976. Elle a par ailleurs déjà occupé les fonctions de responsable des activités culturelles de la Ville d’Antananarivo, à la mairie de Tana-Ville. En raison probablement du sort tragique qu’a connu son frère, elle s’est tenue résolument à l’écart de la politique et on ne lui connaît pas une adhésion à tel parti ou à telle mouvance. Tout au plus a-t-elle, au plus fort de la crise de 2009, accepté de siéger au sein d’un Conseil des Anciens, aux côtés du juriste Imbiky Anaclet, du pasteur et ex-député Ramino Paul et du leader musulman Saïd Nasser. Mais au sein de cette entité qui fut vite dissoute, elle n’a fait que des apparitions épisodiques.
L’inhumation, avons-nous appris, aura lieu mercredi à Ambohimalaza, dans le caveau familial où reposent déjà son frère le colonel Richard Ratsimandrava et l’épouse de celui-ci, Thérèse Razafindramoizina, décédée en 2002. Juliette Ratsimandrava, qui n’a jamais été mariée, ne laisse pas de descendance.