Centrale hydroélectrique de Sahofika: La société Eiffage adjudicataire
Au terme d’une procédure d’appel d’offres international, le Gouvernement malgache a désigné la société Eiffage comme adjudicataire du contrat relatif à la conception, à la construction et à l’exploitation de la centrale hydroélectrique de Sahofika (300 MW). Basé sur le modèle de la production indépendante d’énergie, ce projet de partenariat public-privé s’inscrit dans le cadre du « programme hydroélectrique prioritaire » (PHP).
Le site de Sahofika sur l’Onive est un site majeur dans le sens où il offre une hauteur de chute importante (700m) avec une puissance de 300MW garantie toute l’année grâce à un réservoir de taille modeste (120 hm3). Son potentiel pourrait être augmenté à environ 600 MW si une régulation d’importance était réalisée en amont (Andasitrotsaka par exemple).
Le site est particulièrement difficile d’accès car en plein cœur de la forêt caractéristique de la face Est de Madagascar. Les gorges et chutes menant du site du barrage à celui de la restitution sont difficilement accessibles et des pistes devront être taillées dans la forêt.
L’aménagement prévu par COB en 1981 reprend la solution utilisant le maximum du potentiel du site sans toutefois aller jusqu'à l’équiper plus fortement, ce qui serait conditionné par un stockage à l’amont. Ce maximum correspond à un aménagement d’une puissance équipé de 300MW.
Les options retenues sont un aménagement entièrement souterrain mais équipé en turbine Pelton du fait de la hauteur de chute importante (700m environ).
Le barrage quand à lui est relativement imposant en béton de masse avec des vannes secteurs à la limite de la technique en 1981 mais encore en 2009 (18m de hauteur). En effet, le niveau maximum ne peut être dépassé car il y a des digues de col qui risquent de fuir et COB avait pris l’option de tout faire passer par le barrage. L’aménagement de Sahofika prévu par COB est comp lexe et entièrement souterrain. La prise en compte d’un réservoir afin de maximiser le potentiel du site est une bonne chose mais ce réservoir n’autorise pas de surcote (digues de col problématiques) ce qui oblige à prévoir des vannes secteur de grand gabarit permettant de passer la crue milléniale de 11 000m3/s. Les solutions de COB n’ont pas été remises en cause, celles-ci paraissant bonnes. Il y a certainement des variantes plus économiques à investiguer afin de faire baisser le coût de l’aménagement (solution
BCR, réservoir réduit, évacuateur placé sur une digue de col). Ces solutions si elles permettront peut être de faire baisser le coût global ne feront pas passer le site en première place, celui-ci restant complexe et couteux. Sahofika reste un site majeur potentiel pour Madagascar. S’il n’est pas le plus facile à mettre en œuvre (difficulté de l’accès, hauteur de chute, crues importantes à passer sur un ouvrage de grosse retenue) l’augmentation de la demande fait qu’il deviendra à son tour le candidat hydro à développer une fois des aménagement plus « facile » développé.