Menaces terroristes : réelles, à cause du régime actuel !

Récentes implantations du wahhabisme à Madagascar. Cette situation ne peut que faire douter le pire en matière d’actes terroristes. C’est ainsi que les services de renseignements français et américains auraient alerté leurs homologues malagasy en juin dernier. A titre de rappel, les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ayant causé la mort de près de 3 000 personnes et des dégâts estimés à 10 milliards de dollars, étaient supposés être l’expression du wahhabisme, selon de nombreux observateurs.

   Les auteurs de ces attentats étaient, pour la plupart, des Saoudiens. Le wahhabisme est un mouvement politico-religieux saoudien et il est présumé avoir des branches terroristes. Ce mouvement est toutefois implanté à Madagascar depuis peu. Voilà pourquoi des services de renseignement redoutent des attentats terroristes à l’occasion du sommet de la francophonie, prévu en novembre à Tana. Ce qui laisse entendre que les dirigeants malagasy risquent de se brûler les doigts avec leur propre caprice, c’est-à-dire avec leur lubie d’accueillir ce coûteux sommet international dans un pays parmi les 10 Etats les plus pauvres au monde. Or, si le mouvement wahhabite est à Madagascar, c’est parce que les dirigeants l’ont laissé librement s’installer.

En revanche, ils veulent réussir à tout prix l’organisation du sommet de la francophonie, quitte à faire l’impasse sur la population affamée du Grand Sud et sur les 8 Malagasy sur 10 plongés dans l’extrême pauvreté. C’est la raison pour laquelle près de 3 000 éléments des forces de l’ordre seront déployés pour le sommet.

Mais qu’ont fait les dirigeants contre le mouvement wahhabite ? Pas grand-chose. Pareil pour la lutte contre les « dahalo » qui pillent en une nuit tout un cheptel bovin, seule richesse de nombreux ménages des grandes zones d’élevage. En réalité, les dirigeants, trop tournés vers leurs propres intérêts, sont contradictoires dans leurs agissements : ils laissent tranquilles les wahhabites, mais s’ingénient à organiser une grande rencontre internationale, cible facile pour d’éventuels actes terroristes. Si un tel problème se produit à Madagascar, le pays perdra sur plusieurs tableaux.

Et d’un, il dépense des centaines de milliards d’ariary pour accueillir le sommet, sans que cette rencontre produise des effets socioéconomiques d’envergure, notamment pour les plus pauvres.

Et de deux, d’éventuels actes terroristes ne feront qu’assombrir un environnement des affaires déjà pourri par la mauvaise gouvernance, l’instabilité politique en partie alimentée par les dirigeants eux-mêmes. En effet, leur mode de gouvernance ne résout aucun des problèmes majeurs, traversés par le pays. D’où les mouvements de contestation.

Pour l’heure, Madagascar ne flirte pas encore avec la radicalisation islamiste si l’on revient sur le mouvement wahhabite implanté dans le pays. Malgré tout, ce mouvement est supposé être le cerveau de nombreuses attaques terroristes. Il compte des éléments à Madagascar grâce à des entrées clandestines provenant des Comores par la voie maritime. Ces entrées, servies régulièrement par des bateaux, ne concerneraient pas des Comoriens mais d’éléments en provenance de la Turquie. L’on sait que seules 14% des côtes malagasy font l’objet de surveillance, d’après les données du Trésor public, publiées sous la transition. Les 5 600 km de côtes que compte le pays pourraient être surveillés en totalité si les dirigeants n’injectent pas régulièrement des méga-subventions aux entreprises publiques perpétuellement en crise.

Fanjanarivo

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