KIRINGA
LEGENDE ; Dans le cadre de la construction d’une nouvelle route du littoral, La Réunion a prévu d’importer plus de 200 000 tonnes de roche en provenance de Madagascar.
Entre La Réunion et Madagascar
Quid des Relations économiques et commerciales ?
Malgré leur proximité géographique, les pays de l’Océan Indien (Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles) ne représentent que 4% des échanges de La Réunion. Dans ce contexte, Madagascar est toutefois le principal partenaire commercial de La Réunion dans la zone.
Plus en détail, les données publiées par www.tresor.economie.gouv.fr/se/madagascar/ indiquent qu’en 2015, Madagascar se classe au 4e rang des clients de La Réunion, absorbant 8,2% du total de ses exportations (hors échanges entre La Réunion et la métropole). Avec des achats de produits réunionnais d’un montant de
13,5 M Euros, en hausse de 20% par rapport à 2014, la Grande île se situe juste derrière les 3 premiers clients de La Réunion (Royaume-Uni 17,6 M Euros ; Viet-Nam 14,8 M Euros ; Hong Kong 14,1 M Euros) et devant des pays comme l’Inde, l’Allemagne et les Etats-Unis. Il convient de noter que les exportations réunionnaises représentent 4,2% de l’ensemble des exportations françaises vers Madagascar en 2015.
Selon les douanes françaises, la ventilation par produits des exportations réunionnaises vers Madagascar fait apparaître, pour 2015, la prépondérance des aliments pour animaux (52% du total, 7 M Euros), lesquels sont essentiellement des aliments pour l’élevage de crevettes exportés par la société Nutrima. Cette dernière est née d’un partenariat entre le groupe malgache Unima, producteur et exportateur de crevettes, et l’entreprise réunionnaise Urcoopa, spécialisée dans l’alimentation animale. Viennent ensuite les ventes d’automobile
(15%, 2 M Euros), La Réunion étant une plateforme de réexportation vers Madagascar.
Si Madagascar fait partie des premiers clients de La Réunion, elle se situe assez loin dans le classement de ses fournisseurs.
En 2015, les exportations de produits malgaches vers ce département français ont représenté 19,1 M Euros (seulement 1,1% du total des importations réunionnaises). A titre de comparaison, La Réunion a importé pour 337 M Euros en 2015 depuis Singapour, son 1er fournisseur, et pour 48 M Euros depuis l’Inde, son 10e fournisseur. Les produits malgaches exportés vers la Réunion sont notamment des produits de la culture et de l’élevage (41% du total, 8 M Euros), des préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche (21%, 4 M Euros) et des produits de la pêche et de l’aquaculture (11%, 2 M Euros). Enfin dans le cadre de la construction d’une nouvelle route du littoral, La Réunion a prévu d’importer plus de 200 000 tonnes de roche en provenance de Madagascar. Ces flux commerciaux devraient être visibles en 2016.
Au total, les échanges de biens entre Madagascar et La Réunion ont atteint 32,6 M Euros en 2015, offrant à Madagascar un excédent commercial de 5,6 M Euros. Vraisemblablement largement compensé, mais non mesuré statistiquement, par les très importantes exportations de services
Réunionnaises vers Madagascar reflétées au travers de la diversité des implantations réunionnaises à Madagascar. Madagascar est donc l’un des premiers clients de la Réunion mais ne fait pas partie de ses premiers fournisseurs, alors que le commerce extérieur réunionnais demeure fortement déficitaire (166 M Euros d’exports, 1683 M Euros d’imports en 2015).
Pour rappel, vu de Madagascar, la France demeure le 1er partenaire commercial de la Grande île, avec un volume d’échanges de 727 M Euros en 2015 (325 M Euros d’exportations françaises ; 402 M Euros d’importations françaises).
La Réunion représente 4,5% du total des échanges France-Madagascar (4,2% des exportations françaises et 4,8% des importations françaises)…
Et au sujet de la coopération entre Madagascar et la région Réunion , les mêmes informations mentionnent qu’en dépit des cinq années de crise politique traversée par Madagascar, et du contexte socio-économique dégradé du pays, la région Réunion a maintenu des relations étroites avec Madagascar, notamment à travers son Antenne de Tananarive créée en 2003.
L’action de la région porte sur l’accompagnement des entreprises réunionnaises sur le marché malgache (veille, missions de prospection, visites de délégations d’entreprises), via l’Antenne de Tananarive et en lien avec le Club Export Réunion. Elle se déploie également à travers des projets de coopération bénéficiant d’une bonne visibilité à Madagascar : i) projet d’approvisionnement de La Réunion en matières premières agricoles malgaches (sur lequel s’est greffé un partenariat entre la coopérative réunionnaise Urcoopa et la SCIM, entreprise malgache d’import/export) ; ii) projet de formation dans le domaine du tourisme ; iii) programme de valorisation de l’expertise en formation dans le BTP, avec le renforcement de capacités institutionnelles et un PPP en matière de formation aux métiers du génie civil/BTP (financement AFD de 5 M Euros, en partenariat avec la Chambre des métiers et d e l’artisanat de La Réunion).
Par ailleurs, dans le cadre de la coopération entre les régions ultrapériphériques de la Réunion, de Mayotte et 10 pays tiers du sud de l’océan Indien2
que les Terres Australes et Antarctiques Françaises, le programme INTERREG V (2014-2020) a été doté d’un financement européen de 63 M Euros. Géré par la Région Réunion, il comporte 2 volets : i) un volet de 41,4 M Euros pour la coopération entre La Réunion et les pays membres de la Commission de l’Océan Indien (Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles) et ii) un volet de 21,8 M Euros avec une zone de coopération plus large englobant La Réunion, Mayotte et les territoires partenaires du programme. Lors des rencontres Madagascar-Réunion, une centaine d’entreprises et têtes de réseaux des deux îles ont été sensibilisées aux modalités d’accès aux fonds INTERREG V.