Projets présidentiels: Exécutés au-dessus de la loi ?

Les camions pris en fourrière par la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) et ayant fait l’objet d’un litige entre elle et le ministère en charge des Projets présidentiels et de l’Aménagement du territoire, doivent circuler 24h sur 24 et 7 jours sur 7, selon ce ministère. Les camions n’ont pourtant pas le droit de circuler en plein jour dans la capitale. C’est pour éviter les embouteillages qu’ils créent de par leur taille. Cest aussi pour ne pas abîmer rapidement les routes. Seulement, même les textes en vigueur sont foulés au pied quand il s’agit de projets estampillés

« présidentiels ». Il faut aussi rappeler que la centrale thermique d’Antanandrano construite en 2015 et qui a été déplacée depuis à Ambohimanambola et à Behenjy, a revêtu le sceau de projet présidentiel pour on ne savait pas pourquoi. En réalité, elle est destinée à juguler les délestages qui ont commencé à faire monter la tension chez les Tananariviens. Craignant une explosion sociale qui pourrait leur être fatale, les dirigeants ont tout simplement mis le cachet « projet présidentiel » sur cette centrale. Une manière de contourner, une fois de plus, le texte en vigueur. En effet, la centrale d’Antanandrano a été installée sans avoir été précédée d’aucune Etude d’impact environnemental (EIE).

C’est pourtant une exigence pour une infrastructure de cette taille (40 MW) et qui de plus appartient à un secteur hautement polluant. Ainsi, la centrale qui fonctionne au gasoil pourrait nuire à l’environnement, au bien-être des voisins… Et c’est ce qui s’est réellement produit puisque des encarts relatant les doléances des riverains ont été publiés dans la presse. Ces riverains se sont plaints d’une importante pollution sonore qui produisait des maux de tête et autres inconforts. Ils ont également parlé des vibrations occasionnées par les groupes et qui pourraient à la longue toucher les fondations des maisons… A titre de rappel, le décret sur la Mise en compatibilité des investissements avec l’environnement (MECIE) oblige les porteurs de projets comme cette centrale thermique à effectuer une EIE avant de procéder aux travaux d’installation proprement dits. Et ce décret a fêté son 20ème anniversaire en 2015. Les responsables chargés des projets présidentiels ont donc affiché une singulière manière de fêter cet anniversaire, celle d’ignorer le décret.

Mais le président de la république devrait être vigilant s’il tient vraiment à instaurer l’Etat de droit, comme il le prône souvent. En effet, ses fonctions sont liées à des projets apparemment exécutés au-dessus de la loi. Ainsi, il devrait y jeter un coup d’œil. Concernant le litige entre la CUA et le ministère en charge des Projets présidentiels, il s’agit ni plus ni moins d’une gueguérre politique entre le TIM et l’Etat central dirigé par le parti HVM. Il est d’ailleurs doublé d’un litige foncier opposant Marc Ravalomanana à l’Etat. Ce litige-ci porte sur un terrain d’Andohatapenaka que l’Etat et Ravalomanana revendiquent chacun. Mais est-ce pour les dirigeants actuels une raison d’épouser le même mode de gouvernance que Ravalomanana ?

Fanjanarivo

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