Regards croisés: Madagascar est-elle sur orbite ?...

Septembre 2016, l’échéance sera-t-elle respectée ?

Ce n’est que face à la crise alimentaire dans le Sud, février 2016, que   les autorités ont projeté de présenter un plan de sortie de crise, particulièrement pour les régions d’Anosy, d’Androy et d’Atsimo Atsinanana, des régions où les experts ont estimé à près d’ un million les personnes qui souffrent de malnutrition dont 675 000 personnes de manière sévère.

L’enjeu planétaire  a cependant été clairement posé : comment nourrir près de 10 milliards d’humains en 2050 sachant qu’aujourd’hui déjà  795 millions d’habitants souffrent de la faim, soit 1 personne sur 9 de par le monde, soit 1 personne sur 4 en Afrique subsaharienne, soit 12,9% de la population «des pays en voie de développement » et, dans le contexte de tendre d’ici à 2030 vers les 17 Objectifs de DD pour enrayer durablement la pauvreté  et pour une croissance économique qui n’épuise pas les ressources.

Regards Croisés interroge : Les autorités malgaches étaient-elle « présentes » lors de ces «Grandes Messes » ? Les autorités malgaches ont-elles réalisé que Madagascar se situe dans l’Afrique subsaharienne ? Le million de personnes victimes d’insécurité alimentaire peut-il espérer un éclairci ce septembre 2016 ? Les grandes lignes définies à Ambovombe par 100 experts recevront-elles l’aval des bailleurs ? Qu’en est-il des programmes initiés en 2014 «Aina» et « Asara » ? …

Ces interrogations résultent des analyses très pertinentes des experts, que  Regards Croisés cite : « …Surtout, des efforts de coordination entre les agences de l'ONU, les ONG et les autorités locales sont mis en exergue. Et pour cause : le manque de suivi et d'harmonisation font souvent échouer les projets. Pour cela, dix antennes locales du Bureau de gestion des risques et catastrophes (BNGRC) vont être ouvertes… » Bien dit certes mais les années se suivent, les gouvernements se relaient au pouvoir,  les autorités déploient « les mêmes efforts » à légitimer par les Organismes Internationaux les politiques de sortie de crise, les noms des programmes sont toujours saisissants de réalisme mais les faits sont là implacables, irréfutables, le Sud s’englue dans l’insécurité alimentaire.   Regards Croisés continue à interroger : L’objectif d’enrayer durablement les causes cycliques de crise, c’est-à-dire, la sécheresse, le vent et l’ensablement a-t-il été ancré sur les réalités économiques de cette région, riche en sous-sol ?

Regards Croisés émet un souhait : faire de ce plan sur trois ans l’enjeu présidentiel  de 2018, pour que cette région sinistrée connaisse enfin l’embelli  que la Nation toute entière lui doit. Le Gouvernement ne peut plus avoir droit à l’échec, puisqu’il a eu loisir de réfléchir sur les échecs antérieurs de 56 ans d’Indépendance.

Ce coup de projecteur sur la Région du Sud, objectif prioritaire « par excellence », prioritaire bien au-delà des événementiels programmés, ne doit cependant pas caché le double échec économique dans le secteur agricole, à savoir la disparition quasi complète de la culture vivrière et l’incapacité du secteur à atteindre le rendement nécessaire pour alimenter le marché intérieur en aliments de base (riz, céréales secondaires, racines, tubercules…) et encore moins, bien évidemment,  pour alimenter la demande mondiale. Regards Croisés interroge sur le devenir  des 2,77% de population supplémentaire quand le taux de la population sous-alimentée avoisine 33% de la population totale. Regards Croisés interroge sur le taux de croissance affichée (+) 3% (2014) ; de quelle croissance parle-t-on ?

Nancy Razanatseheno

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