Port de Toamasina : pas de nettoyage ?
Le régime exulte depuis que le Japon a annoncé l’octroi d’un financement de 370 millions de dollars pour l’extension du Port de Toamasina. De fait, le port va accéder à la modernité avec l’approfondissement des quais, l’élargissement des dépôts de containers, et la construction d’une voie de contournement. Mais beaucoup manifestent leur scepticisme d’abord car l’équipe dirigeante du Port de Toamasina est maintenue. Ensuite car aucun nettoyage n’est prévu pour placer sous les meilleurs auspices le début des travaux. En effet, l’équipe dirigeante, en place depuis 2005, est l’objet de toutes les suspicions car habituée de longue date aux magouilles. Elle avait en effet vécu l’entrée en lice de Mictsl (Madagascar International Container) et accompagné les activités de celui-ci. Or cet organisme, créé par le chef d’Etat Marc Ravalomanana, a permis la transformation au sein même du port des produits de Tiko. Pour cette raison, cette unité n’a payé ni droits de douane, ni taxes à l’embarquement ou au débarquement. Dans cette foulée vinrent la transition et le trafic de bois de rose, mais le port a aussi fermé les yeux sur cette activité animée par les gros bonnets du régime. La même complicité est constatée actuellement dans les fausses déclarations (par exemple l’huile alimentaire présentée comme étant du ciment, pour lequel la redevance est nettement moindre), la substitution de marchandises dans les containers, la valse des emballages etc. Notons que les employés du port de Toamasina, excédés par ces magouilles à grande échelle, se sont mis en grève à plusieurs reprises. Comme en octobre 2010 où ils ont réclamé un audit, ou en mars 2014 où ils ont protesté contre les suspicions de corruption dirigées contre eux (alors que les actes délictueux sont le fait des gros bonnets). Il est vrai que dans tous les micmacs qui prospèrent dans le port de Toamasina, l’Etat perd des centaines de milliards d’ariary…
Nul n’étant indispensable, il importe de renouveler l’équipe dirigeante du port de Toamasina, et d’installer à la tête des installations des hommes moins marqués par les combines et les magouilles. Si la mauvaise équipe est maintenue malgré le projet de modernisation du port, on croit en savoir la raison : les gros bonnets du régime veulent poursuivre leurs micmacs dans le port, et tiennent à traiter avec une équipe qui collabore ou qui ferme les yeux…
A.R