EDITO: La dictature des voies parallèles

La semaine dernière a eu lieu, au ministère des Affaires étrangères,  la prestation, et donc la présentation de 13 nouveaux agents diplomatiques et consulaires fraîchement sortis de l’Ecole nationale d’Administration à Madagascar. Si beaucoup se posent la question de savoir quand auront lieu les nouvelles nominations des ambassadeurs, bon nombre  s’interrogent également sur le sort qui sera réservé à ces nouveaux agents diplomatiques et consulaires. L’ENAM est l’école qui a formé et qui forme depuis des lustres les diplomates de notre pays, les agents diplomatiques et consulaires qui travaillaient au sein de nos représentations à l’étranger sont passés par l’ENAM  ont appris les techniques des relations extérieures. Depuis quelques années, bon nombre de personnes ne passent plus par l’ENAM mais par le CEDS qui forment également, moyennant des frais de scolarité qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses, des personnes qui subitement se trouvent dans nos représentations diplomatiques.

Si pour exercer par exemple le métier de magistrat il n’y a pas plusieurs voies possibles et certainement pas une autre formation spécialisée chèrement payée ; pour les diplomates, parallèlement à l’ENAM le CEDS permet à des personnes qui occupent déjà un poste dans le public ou privé de venir grossir le rang des diplomates. On se demande alors si ces voies parallèles ne feraient pas ombrage à la voie officielle, surtout que Madagascar aime le système de « réseaux » qui fait que des postes normalement dévolues à des diplomates de carrière sortant de l’ENAM se trouvent occupées au final par des sortants du CEDS. Les voies parallèles ne sont pas forcément mauvaises, à condition que tout soit mis en œuvre pour éviter qu’elles ne portent pas préjudice à la voie normale, à la voie officielle.

D.R.

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