Big Brother est arrivé !: Nosy-Be sous contrôle de caméras de surveillance

Dans le cadre de l’amélioration intensive des systèmes de lutte contre l’insécurité en général et toutes  activités criminelles en particulier, l’île de Nosy-Be a été dotée d’un réseau de caméras de surveillance installé en divers endroits stratégiques de la ville. Le boom économique qu’avait entraîné le bond  en avant de l’industrie hôtelière au service du tourisme a été aussi l’occasion rêvée pour les organisations liées aux crimes organisés, aux trafics prohibés et aux contrebandes. Il fallait appliquer une riposte proportionnelle à l’attaque. La capitale de l’ylang-ylang compte maintenant plus de 40 poteaux avec chacun 2 caméras reliées à un centre de contrôle.

Les récents évènements dramatiques à Nosy-Be qui ont agité la population locale à cause de la mort suspecte d’un jeune garçonnet avaient entraîné une vindicte populaire sanglante et cruelle. Puis il y a eu aussi ces découvertes de lots d’armements et tant d’autres faits divers relevant de la  lutte contre les stupéfiants. Et bien entendu, avec la menace d’une invasion rampante des éléments du terrorisme international, une évolution des moyens techniques à la disposition des forces de l’autre était plus que nécessaire. De l’avis des techniciens en la matière « la cybersurveillance se définit comme « tout moyen de contrôle technique, sur une personne ou un processus, lié aux nouvelles technologies et plus particulièrement aux réseaux numériques de communication. [elle] regroupe les voies et moyens aboutissant à l’accès des données ou signaux transmis par voie électronique ainsi que le contrôle des moyens techniques permettant ces transmissions (…)Outre le traçage mis en place pour tenter de venir à bout des réseaux terroristes, pédophiles ou encore xénophobes ( visant à la sécurité de tous) , la cybersurveillance concerne également le monde de l’entreprise, avec le contrôle des salariés et de leur usage d’Internet. Pour ce faire, des logiciels ont été conçus dans le but d’enregistrer tous les évènements ou messages survenus pendant un temps donné, à un endroit déterminé. Les écoutes téléphoniques, tout comme le traçage d’internautes sur le web ou encore sur un réseau Intranet, font partie intégrante de la cybersurveillance. Ajoutons enfin que le contrôle et l’interception de courriers électroniques appartiennent également à cette catégorie. »

Comme chaque médaille qui a un revers, la nouvelle technologie risque aussi à la  longue d’être utilisée à des fins répressives et discriminatoires en matière de techniques d’identification. Ces nouveaux outils de travail entre les mains des services de sécurité. Ils sont tour à tour le  poison et le remède pour nos problèmes, suivant les autorités qui commandent les utilisateurs.  Ailleurs, partout dans le monde cette avancée dans ce secteur fait toujours débat et irrite au plus haut point certains esprits très susceptibles qui acceptent mal  que de nombreuses entreprises ou organisations considérées comme trop envahissantes portent finalement atteinte à la vie privée de tout un chacun. Elles « se voient assimilées à Big Brother » ce héros mythique immortalisé dans les écrits de Georges Orwell. Les fanatiques de la protection de la liberté et des droits de l’homme sont convaincus que «L'informatique en particulier est très concernée.» A une époque où l’opinion découvre dans l’exercice du pouvoir par une minorité oligarchique un véritable  « regain fascistoïde » dans la conduite des affaires étatiques. Tant qu’une mauvaise gouvernance latente n’est pas évacuée par cette réforme du secteur de la sécurité, ce pays n’est pas à l’abri des abus, des risques et des menaces diverses, aussi bien domestiques qu’exogènes. Situation locale mais clairement dénoncée par une publication de Médiapart traitant de la communication et du journalisme affirme : « En gros, on n'est pas sorti de l'auberge et plus fort, on y entre tous pour manger le même plat du jour insipide… ».

Rassurez-vous ! Souriez ! Big Brother vous regarde…

N. Razafilahy