Pollution de l’air: Plus de 1,6 milliard de dollars de pertes par an
1,377 milliard de dollars ou plus de 4,4% du PIB de pertes en bien-être et 228 millions de dollars ou 0,73% du PIB de pertes en temps de travail. Ce sont les principales pertes annuelles occasionnées par les problèmes issus de la pollution de l’air à Madagascar selon le rapport de la Banque mondiale et de l’Institute for health metrics and evaluation (IHME) intitulé « The cost of air pollution. Strengthening the economic case for action » et publié le 8 septembre dernier. Pire, la Grande Ile arrive en haut du classement concernant le nombre de décès prématurés liés à cette pollution, soit 204 pour 100 000 personnes. Elle est juste devancée par l’Afghanistan (251,8 décès prématurés pour 100 000 personnes). Un autre pays africain, la Guinée-Bissau est au 3ème rang avec 178 décès pour 100 000 personnes. Pour Madagascar, c’est la capitale qui est la plus concernée. Déjà en 2008, la Banque mondiale a alerté sur la situation d’Antananarivo qui constitue un des problèmes de santé publique par la prédominance des infections respiratoires, cause principale de morbidité. Qui ne s’aventure en fin d’après-midi sur Andohan’ Analakely ou à Anosizato ou encore au rond-point près des services de la météo ? Ce sont surtout les piétons qui voient l’air très chargé de fumée de gasoil et le sentent dans leurs poumons.
Quand on y ajoute la poussière issue de la chaussée en forte dégradation comme sur le rond-point près des services de la météo, la pollution ne peut qu’être aggravée. La pollution industrielle aussi crée des problèmes. Rappelons que selon les données de l’Office national pour l’environnement (ONE), seuls 25% des projets devant se conformer aux mesures environnementales et sociales se plient au texte en vigueur, c'est-à-dire au décret sur la Mise en compatibilité des investissements avec l’environnement (MECIE). Cette situation ne peut que rajouter aux problèmes de pollution non seulement de l’air, mais aussi de l’eau et du sol. En attendant des améliorations, Madagascar devance de loin les pays comme la République démocratique du Congo (RDC), le Mozambique, l’Ethiopie et le Zimbabwe en ce qui concerne le nombre de décès prématurés liés à la pollution atmosphérique. Pour ce qui est des pertes en bien-être et en temps de travail, elles augmentent au fil du temps. En 1990, les pertes en bien-être ont été de 1,187 million de dollars, soit 6% du PIB, contre 4,4% en 2013. En termes de PIB donc, il y a une baisse mais on constate une hausse en valeur nominale.
Pour les pertes en temps de travail, le même schéma est valable parce que ces pertes représentent 1,17% du PIB en 1990, contre 0,73% en 2013, alors qu’en dollars, elles sont estimées à 224 millions en 1990 contre 228 millions en 2013. Tous ces chiffres devraient aider les gouvernants à élaborer une vision assortie d’une politique ou d’une stratégie pour lutter contre la pollution atmosphérique. Ce problème affecte la croissance économique à cause des arrêts maladie, des soins médicaux, des décès prématurés… Au niveau mondial, les décès dus à la pollution atmosphérique coûtent 225 milliards de dollars à l’économie mondiale. Et la Banque mondiale affirme que ce type de pollution est le plus meurtrier car en 2013, il a causé le décès prématuré de 5,5 millions de personnes dans le monde. Les jeunes enfants et les personnes âgées sont les principales victimes. Mais la population active aussi en souffre en termes de pertes de revenus du travail.
Recueillis par Fanjanarivo