Coopération Sud-Sud: Madagascar a raté le coche

Développer encore plus la coopération avec des pays comme le Vietnam, la Chine, des pays africains comme l’Ethiopie, le Rwanda, l’île Maurice, ou des pays plus lointains comme le Brésil… C’est possible si Madagascar se dote des outils et de la méthologie adéquats. Seulement, les dirigeants préfèrent presque exclusivement jouer les mendiants auprès des bailleurs de fonds traditionnels. Courant juillet dernier pourtant, l’Académie sur la coopération Sud-Sud et triangulaire (CSST) initiée par le Bureau international du travail (BIT) et organisée à Turin en Italie, a dispensé une formation et fourni des opportunités de réseautage pour développer la coopération Sud-Sud. Mais apparemment, Madagascar n’y était pas présent. Cette coopération est définie par le directeur général du BIT, Guy Ryder, comme la « collaboration entre deux ou plusieurs pays en développement, souvent soutenue par les partenaires traditionnels, guidée par les principes de solidarité et de non-conditionnalité, et visant à mettre en place des modèles de développement inclusifs et distributifs orientés sur la demande ».

Et il faut souligner que le partenariat Sud-Sud peut compléter la coopération Nord-Sud traditionnelle. D’ailleurs, elle apporte souvent des solutions et des approches plus adaptées aux réalités locales. C’est ainsi que des petits matériels et des techniques améliorées dans des secteurs comme l’agriculture et l’artisanat peuvent être développés par le biais de la coopération avec des pays comme la Chine, le Vietnam ou encore l’Inde. Ils sont plus accessibles aux paysans et aux artisans tant en matière de technicité que sur le plan financier. De plus, la coopération Sud-Sud pourrait réduire la forte dépendance du pays aux aides extérieures issues des pays du Nord, surtout si elle est axée sur le transfert de technologies. Et notons que les Objectifs de développement durable (ODD) pour l’horizon 2030 mise, entre autres, sur la coopération Sud-Sud comme étant « une forme de coopération internationale au développement de première importance », d’après le message du DG du BIT à l’occasion de la journée des Nations unies pour la coopération Sud-Sud le 12 septembre dernier.

L’Académie sur la coopération Sud-Sud et triangulaire était une occasion de la développer de manière efficace. Outre la formation en présentielle à Turin, elle a compris une formation à distance. Ces différentes sessions ont réuni des décideurs, des praticiens, des chercheurs venus du monde entier. Elles ont permis de présenter des initiatives stratégiques de haut niveau. L’Académie a également été l’occasion d’organiser un forum de plaidoyer politique en appui aux ODD et au travail décent. Elle a pour objectif d’aider les participants à apprendre plus sur la coopération Sud-Sud, d’entrer en réseau entre eux, de définir des stratégies et de collaborer en matière de CSST. Les formations devraient donc les permettre de mieux comprendre les possibilités offertes par ce type de coopération devant soutenir le programme de développement pour 2030 et le travail décent, de se familiariser avec les outils méthodologiques pour la conception et la mise en œuvre ainsi que l’évaluation des initiatives et les projets de coopération Sud-Sud. Elles leur ont également offert l’occasion d’étendre leurs réseaux, communautés de pratique et partenariats…

 Fanjanarivo

Ajouter un Commentaire